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Sucreries en caisse: une majorité des genevois est contre

Emma | 20 juin 2026

Marketing auprès des jeunes: 80% des genevois considèrent que la présence de sucreries aux caisses dans les supermarchés constitue un problème. Une enquête de la Fédération Romande des Consommateurs (FRC) parue en mars 2026 expose ce phénomène. Barbara Pfenniger explique au micro de La Matinale comment des produits largement mauvais pour la santé sont mis en avant.

L’espace caisse est particulièrement stratégique, il génère près de 5% du chiffre d’affaires d’un supermarché pour à peine plus de 1% de sa surface. Il est un point de passage obligatoire avant la sortie, mais il constitue aussi un lieu d’attente et de relâche une fois la liste de courses dûment complétée. L’endroit est propice à un dernier achat opportuniste, une dernière tentation avant de quitter le magasin.

Les distributeurs l’ont bien compris et n’hésitent pas à cibler les enfants et les adolescents, plus susceptibles de céder et de pousser leurs parents à l’achat. Produits placés très bas, emballages colorés et ludiques, appellations cools ou rebelles, font partie des stratagèmes employés.

Un problème sanitaire

Quand on remarque que plus de 98% des caisses romandes proposent des sucreries –dont de nombreuses ciblent directement les plus jeunes–, que près de 43% de la population de plus de 15 ans est touchée par l’obésité ou le surpoids (OFS 2022), et que l’on sait que les habitudes alimentaires se forment dès le plus jeune âge, les assortiments proposés en caisse posent des questions qui touchent à la santé publique. C’est d’ailleurs ce que souligne une motion adoptée par le Grand Conseil genevois en 2023, malheureusement, selon l’enquête de la FRC, peu suivie d’effets.

L’enquête de la FRC rapporte que la plupart des produits présentés en caisse réalise de mauvais scores à trois méthodes différentes visant à évaluer leur qualité nutritionnelle. Ainsi, lorsque consommés fréquemment, ils augmentent les risques de maladies telles que le cancer ou le diabète. L’OMS Europe met d’ailleurs en garde que «l’immense majorité des articles exposés aux caisses ne devrait, dans un cadre réglementé, bénéficier d’aucune forme de promotion ou de visibilité accrue auprès du jeune public.»

Le public préoccupé

En plus de cette enquête, la FRC a mené un sondage d’opinion auprès de la population genevoise, concernée par la motion de 2023, afin de savoir comment elle perçoit la situation. Huit personnes sur dix se soucient du fait que les produits sucrés ciblent explicitement les plus jeunes.

Ces problèmes connus de longue date –avant la motion genevoise, une étude de 2011 arrivait aux mêmes conclusions– se heurtent à l’inertie des supermarchés qui agissent dans une logique de rentabilité. «Nous attendons de la part des autorités qu’ils lancent cette discussion avec les enseignes», conclut Barbara Pfenniger. Une manière de mettre en œuvre la motion, mais aussi de répondre à la préoccupation de la population mise en avant par le récent sondage de la FRC.

Invitée: Barbara Pfenniger
Animation: Lola
Journaliste: Emma
Réalisation: Léonard
Rédaction web: Jonathan
Crédit Photo: Jungyu Liu / Unsplash
1ère diffusion le 03/06/26
Publié le 03/06/2026
Mis à jour le 17/06/26

Un contenu à retrouver également sur l'application PlayPodcast

Une publication de Emma


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