Saint Agnes, la révélation goth-industrielle
Cette semaine, je vous ai déniché une perle incontournable venue d’Angleterre qui fait littéralement l’unanimité des critiques, de Kerrang! à Rolling Stone, et qui fera passer le retour d’Evanescence pour un pétard mouillé, même auprès des plus gothiques d’entre vous.
Il s’agit des Anglais de Saint Agnes et de leur nouvel album Your God Fearing Days Are About To Begin paru le 29 mai.
Saint Agnes est un trio anglais composé d’Andy Head à la batterie, Jon James Tufnell à la guitare et aux synthétiseurs, et surtout de l’incroyable Kitty A. Austen au chant et à la guitare.
Mais avant de parler de cet album, il faut que je raconte comment j’ai découvert ce groupe.
C’était lors de la Fête de la musique de Genève, au Parc des Bastions. Lors de l’édition 2023, je vois qu’un groupe anglais est programmé à la Crypte, place forte des punks, métalleux et métalleuses. Je me dis alors : « Les Anglais, ça sait faire du rock, allons jeter une oreille. »
Et je ne me suis pas trompé. La claque fut réelle, notamment grâce à Kitty Austen, qui m’a impressionné autant par son chant que par son jeu de guitare. Sa maîtrise rythmique était telle qu’elle éclipsait presque à mes yeux son guitariste pourtant lui aussi très doué.
Après une telle prestation, je me précipite sur leurs albums durant le trajet du retour. Et là, c’est une légère déception. Les enregistrements disponibles à l’époque étaient loin du niveau atteint sur scène. Le trio semblait déjà avoir dépassé ses propres productions.
J’attendais donc avec impatience le moment où Saint Agnes réussirait à capturer sur disque l’énergie que j’avais découverte ce soir-là. Il ne leur manquait qu’un album à la hauteur de leurs prestations live.
Avec Your God Fearing Days Are About To Begin, ce moment est enfin arrivé.
Depuis, le groupe s’est notamment illustré au Hellfest 2024 et a assuré la première partie de Last Train. Un parcours qui n’a rien de surprenant lorsqu’on écoute ce nouvel album.
Lorsque j’ai évoqué cette chronique avec Lionel, notre animateur de la quotidienne, il m’a immédiatement cité un nom incontournable du rock industriel : Nine Inch Nails.
La comparaison n’est pas anodine. L’album a notamment bénéficié du travail du producteur Jim Lowe, qui a collaboré par le passé avec Nine Inch Nails, mais aussi avec Stereophonics, The Dandy Warhols, Herbie Hancock, Nick Cave ou encore Taylor Swift.
Et cette filiation s’entend. Le disque fusionne puissance industrielle, noirceur élégante et énergie dansante. Une musique pensée autant pour les clubs gothiques que pour les grandes scènes de festival.
« Supervillains don’t wear masks anymore ». Avec ce genre de formule, Saint Agnes affiche clairement ses intentions. Les textes sont contestataires, engagés et traversés par une colère dirigée contre les dérives du monde contemporain.
Parmi les moments forts du disque, impossible de ne pas citer « Good Boy », morceau d’ouverture explosif qui donne immédiatement le ton. Un véritable tube dont les paroles résonnent particulièrement dans le contexte actuel.
Elles rappellent d’ailleurs une réflexion célèbre de Étienne de La Boétie : « Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. »
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Chronique : Adrien
Animation : Lola
Réalisation : Leonard
Première diffusion antenne : 3 juin 2026
Crédit photo : Saint Agnes
Publié le 4 juin 2026
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