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Le Pavillon Simone Weil à l’heure du bilan

Emma | 24 juin 2026

Le 12 juin 2026, le Pavillon Simone Weil, l’œuvre évolutive de Thomas Hirschhorn, ferme ses portes après 74 jours de «présence et production». Bénédicte le Pimpec, responsable de la programmation à la Fondation Sicli, dresse le bilan au micro de la matinale: l’œuvre a permis d’ouvrir le dialogue et d’expérimenter le vivre ensemble.

À cause du G7 à Évian, l’expérience tenue au Pavillon Sicli depuis le 31 mars a fermé ses portes plus tôt que prévu. Sur invitation de la Fondation Sicli et de la Fondation genevoise pour l’animation socioculturelle (FASe), l’artiste Thomas Hirschhorn a pensé une œuvre coopérative, un monument éphémère dédié à Simone Weil, alliant proposition artistique et travail social de terrain qui accueille une riche programmation théâtrale, philosophique, sportive ou radiophonique, avec la présence de Radio Vostok qui a réalisé notamment une table ronde. Le Pavillon Simone Weil a nécessité deux ans de travail et impliqué une cinquantaine de coopérants.

En avril, le monument connaît des débordements, relayés par la presse genevoise et critiqués par les habitants du quartier. «Il y a toujours une mise en tension et des contradictions qui sont mis en exergue par le travail. C’était important et intéressant pour nous.», commente Bénédicte le Pimpec. Imputés à la distribution d’alcool et à l’attrait d’une population précarisée, l’artiste et les fondations se défendent de toute naïveté, assurant avoir pris en compte la dimension sociale du projet. La situation a tout de même failli causer la fin prématurée de l’installation lorsque les coopérants se sont mis en grève pour dénoncer leurs conditions de travail.

 

L’heure du bilan

«On est arrivé à une vraie crise, avec une grève et avec l’artiste qui a voulu arrêter le projet. Ce sont les coopérants qui ont dit qu’il fallait garder ce projet ouvert.», relate Bénédicte le Pimpec. Des péripéties qui ont permis au projet d’évoluer, d’apprendre des erreurs commises et de proposer des solutions. Il a notamment été possible de travailler plus en profondeur les concepts au cœur du projet– tels que l’accueil inconditionnel, l’inclusivité ou la mixité sociale–, et de les mettre à l’épreuve du réel. Pour Bénédicte le Pimpec, «cette idée d’accueillir l’autre, l’étranger, le recevoir, l’héberger chez moi; en fait ça suppose une question du chez moi, une question de qui est maître des lieux. C’est dans cette tension, intrinsèque à la notion d’hospitalité, qu’on a vu plein de questions apparaître.»

Malgré un buzz médiatique qui a mis en évidence les mésaventures du mois d’avril, le projet a connu une seconde phase plus apaisée, plus propice à l’expérimentation, couverte par des articles de fond. «Le traitement médiatique a en fait été un assez bon reflet de ce qu’a été le projet. Je pense que ce type de projet nécessite du temps, il faut un vrai temps de digestion, de réflexion.», résume Bénédicte le Pimpec.

Invitée: Bénédicte le Pimpec
Animation: Lola
Journaliste: Emma
Réalisation: Léonard
Rédaction web: Jonathan
Crédit Photo: © Chloé Cohen
1ère diffusion le 17/06/26
Publié le 17/06/2026
Mis à jour le 22/06/26

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Une publication de Emma


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