Revers de fortune : Amour, gloire et malaise australien
Après mes dernières chroniques je voulais regarder quelque chose d’un peu moins glauque, plus léger et surtout qui me fasse rire. Avec Revers de fortune, j’ai été servie… sur presque tous les plans: Amour, gloire et malaise australien.
Tout commence quand Simone, mère de famille ultra bourgeoise installée à Londres, apprend que son mari est mort. La série démarre avec elle qui court à l’hôpital pour identifier le corps et comprendre ce qui s’est passé. Là, le médecin et ami de la famille, lui explique petit à petit les détails de sa mort. On entend d’abord «crise cardiaque», puis… «drogues»… «prostituée» et d’autres détails que je ne pourrais divulguer à l’antenne sans me faire bipper mais qui font que le visage de Simone passe de choc à acceptation très rapidement et que finalement on va comprendre qu’elle n’est pas vraiment peinée… jusqu’à ce qu’elle apprenne qu’en plus, il ne lui a laissé que des dettes.
Elle se confie à son avocat qui finira par lui voler le peu qu’il lui reste. Elle est donc obligée de retourner, avec ses deux adolescents, dans son village paumé d’Australie chez sa mère et son frère qu’elle n’a pas vu depuis 20 ans. C’est là que les deux ados découvrent que leur mère ne s’appelle en fait pas Simone mais Samantha, que son accent anglais est fake et qu’elle ne vient pas de Sidney mais d’un petit bled perdu au bord de la mer.
Habituée au luxe londonien, elle va devoir s’adapter à son nouvel environnement. Ça fait beaucoup pour Simone/Sammy qui continue de jouer la duchesse tout en essayant de remettre de l’ordre dans son chaos.
On passe du Londres sophistiqué au petit village un peu zonnard où tout le monde se connaît.
Elle va revoir, entre autres, son petit ami de l’époque avec qui elle formait le couple le plus populaire du lycée et qui est maintenant le prof de sport. Il habite toujours dans la même caravane, dans le jardin de sa mère. Bref… la vie ne l’a pas exactement mené là où il l’imaginait.
Puis, elle va devoir chercher un travail. Elle qui était habituée à la vie de luxe, elle devient la secrétaire de Cristos, l’ancien geek de la classe qui a pris sa revanche en devenant membre du parlement de la petite ville. Il prend un malin plaisir à voir l’ancienne reine du lycée galérer: il la fera débarrasser un parking abandonné rempli de vieux meubles et de machine à laver sous un soleil de plomb. Fiona, sa collègue un peu loufoque mais au cœur tendre va l’aider et une amitié va démarrer. Elle montrera par exemple à Sammy comment bien servir le café à Cristos. C’est une méthode que de nouveau je ne peux pas raconter à l’antenne sans me faire bipper mais disons que l’ambiance dans ce bureau est assez folklorique.
L’histoire se passe en Australie pendant les années 80. La fashion victim qui habite en moi s’est ré-ga-lée! J’ai adoré les épaulettes, les couleurs flashy et les coiffures improbables! Même certaines blagues que je trouverais d’habitude un peu lourdes, ben là, je ne sais pas comment ça se fait mais ça passe! Mais, mine de rien, derrière le kitsch et les blagues, de cette famille hyper dysfonctionnelle, on découvre petit à petit que les personnages cachent aussi des secrets.
Ce qui est génial avec cette série, c’est le décalage entre l’image que Sammy essaye de maintenir et la réalité. Elle essaye par exemple de faire croire qu’elle maîtrise parfaitement sa situation alors qu’elle vit chez sa mère, qu’elle n’a plus d’argent et qu’elle doit emprunter les céréales «Choco bombs» de son frère pour nourrir ses enfants. Elle continuera longtemps de dire que l’héritage de son mari est en cours de finalisation jusqu’à ce que son frère mène sa petite enquête et la mette face à la réalité: elle n’a plus un rond.
A la surface tout est plutôt léger mais au fil des épisodes, on se rend compte que leur réalité ne l’est pas forcément. Cristos, le boss de Sammy, fait clairement des magouilles et Sammy tente d’y participer parce qu’elle a besoin d’argent rapidement. Ils finissent en voyage d’affaires rocambolesque pendant lequel on prend, encore une fois, Sammy pour une prostituée.
Il y a aussi Lenny, le fils de Sammy, qui se fait harceler à l’école, que ce soit à Londres en internat ou dans leur école publique australienne. Sa fille, Tess, se lie d’amitié avec leur voisine, Abby, la star rebelle du lycée qui fume des clopes et sort avec des garçons plus âgés. Sous cette vie de lycéens plutôt ordinaires, se cache un drame qui va finir par affecter toute la famille. Mais pour ça, je vous laisse regarder la première saison.
Côté casting, la série est blindée de talents! Sarah Kendall qui joue Sammy est une comédienne de stand up australienne qui a remporté des prix pour son show. Le côté décalé, les expressions de visage qui trahissent toutes ses pensées. Elle est super drôle!
Il y a aussi Kerry Armstrong dans le rôle de la mère de Sammy, ou encore Gemma Whelan qu’on a pu voir dans Game of Thrones.
Ce casting féminin réussit parfaitement à mélanger humour absurde, malaise et sujets plus sombres sans jamais alourdir la série.
La cerise sur le gâteau pour moi, c’est Diane Morgan dans le rôle de Fiona. Elle balance des répliques complètement absurdes avec un sérieux total… et honnêtement, ça marche à chaque fois.
En conclusion, je dirais que les années 80 c’était quand même un bonheur visuel mais que les problèmes de famille c’est clairement intemporel.
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Chronique : Sylvia
Animation : Lionel
Réalisation : Marlon
Première diffusion antenne : 27 mai 2026
Crédits photos : SKY, Arte
Publié le 30 mai 2026
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