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The Witness : le prix d’une erreur judiciaire

Sylvia | 17 juin 2026

«The Witness» ou «le témoin» c’est l’histoire vraie de Rachel Nickell violée puis poignardée 49 fois en plein jour, dans un parc londonien sous les yeux de son fils Alex, deux ans.

La série revient sur cette affaire qui a chamboulé l’Angleterre en 1992, devenue l’une des enquêtes les plus controversées de son histoire. Très vite, la police croit tenir le coupable. Le problème, c’est qu’elle se trompe.

The Witness ouvre sur une scène de famille banale, filmée par le papa, André. On y voit un tout petit Alex faire du tricycle et courir vers sa maman pour un câlin. C’est un matin ordinaire: André est en retard pour le travail et Alex doit s’habiller. Une fois le rituel du matin terminé, papa dit au revoir et Alex va au parc avec sa mère. Le parc c’est Wimbledon Common, l’un des plus grands espaces verts de Londres. Alex y entre avec sa maman qui, elle, n’en ressortira jamais. Quand André appelle sa femme pendant sa pause, un policier répond à sa place et lui annonce qu’elle est morte.
Après le meurtre, l’affaire devient immédiatement une priorité nationale.

Les médias s’en emparent et le public demande des réponses. Très vite, les enquêteurs se concentrent sur un homme: Colin Stagg.
Bien qu’il ait le profil, la police n’a pas de preuves. Elle va tout mettre en œuvre pour en créer, jusqu’à mener une opération d’infiltration particulièrement controversée pour tenter de lui faire avouer le crime.

Après lui avoir envoyé des lettres pendant des semaines, signées par une soi-disant admiratrice, ils envoient une policière en civil pour le rencontrer dans un parc. Là, elle tente de lui faire avouer le crime. Il ne reconnaît jamais les faits, mais certains de ses propos sont interprétés par les enquêteurs comme la preuve de sa culpabilité. Pourtant, cela ne suffira pas à le faire incarcérer et Colin Stagg sera finalement relâché. Le dossier s’effondre en 1994. L’enquête patine pendant des années.
Dix ans après le meurtre, grâce aux progrès de l’ADN, Scotland Yard rouvre officiellement le dossier.
Il faudra attendre 2008, soit 16 ans après les faits, pour que Robert Napper soit finalement arrêté et reconnu coupable pour la mort de Rachel.

Cependant, le meurtrier n’est pas le but de la série et ce n’est pas l’enquête qui marque le plus. C’est aussi et surtout, l’histoire d’un père qui doit élever seul un enfant devenu malgré lui le témoin principal du drame.
En parallèle de la première enquête, André et Alex sont constamment traqués par les journalistes et ils quittent l’Angleterre pour essayer de reconstruire leur vie. D’abord en France puis en Espagne où ils s’installeront pour de bon. Avec les années, ils ont perdu foi dans la justice et Alex devient un adolescent attachant mais rebelle. Lorsqu’il se retrouve face à la police pour quelques bêtises de jeunesse, comme des bagarres, André lui rappelle sans cesse de ne jamais parler de son passé.

C’est à distance et avec beaucoup de prudence qu’André reprend contact avec les enquêteurs en 2002. Une fois le coupable arrêté, il portera plainte contre Scotland Yard pour les nombreuses erreurs commises dans l’enquête. Des années plus tard, un rapport indépendant reconnaîtra ces manquements et Scotland Yard présentera finalement ses excuses officielles.

Ce qui m’a vraiment plu dans la série c’est qu’elle ne cherche jamais à transformer cette histoire en thriller spectaculaire. Elle prend son temps et s’intéresse avant tout aux conséquences du drame sur ceux qui restent, ce qui la rend extrêmement touchante. André tente de reconstruire sa vie tandis qu’Alex grandit avec le poids d’avoir assisté à l’un des crimes les plus médiatisés de Grande-Bretagne.
J’ai également beaucoup aimé la façon dont la série est filmée. Les vidéos familiales tournées par André reviennent régulièrement et rappellent constamment ce qui a été perdu ce jour-là. On voit une famille, vivre leur vie avec tous les tracas du quotidien mais d’une manière unie et très aimante. Je défie même les âmes les plus insensibles à ne pas verser une petite larme quand on les voit tous les trois en trains de rigoler à la maison mais qu’on sait que cela n’arrivera plus.

Côté casting, Daniel Rigby est excellent dans le rôle du papa. Il joue avec beaucoup de retenue, ce qui rend certaines scènes encore plus bouleversantes.
Max Fincham qui incarne Alex adolescent est aussi très convaincant. A seulement 21 ans, il impressionne par la maturité de son jeu et je ne serais pas étonnée qu’il apparaisse de plus en plus sur nos écrans.
Mais la palme d’or de mon cœur c’est bien sûr, Jahsiah Williams, qui joue le petit Alex de deux ans. Malgré son très jeune âge, il porte certaines des scènes les plus difficiles de la série avec beaucoup de naturel. De nouveau, ne soyez pas surpris si certaines vous serrent le cœur. Voir ce petit garçon décrire un meurtre d’une violence extrême tout en jouant avec son papa est difficile à oublier.

De base, j’aime beaucoup les séries policières britanniques, mais The Witness se distingue par son humanité. Ici, l’important n’est pas seulement de savoir qui a commis le crime, mais aussi de comprendre comment ceux qui restent apprennent à vivre avec l’absence. Malheureusement, c’est un sujet universel pour ceux qui ont déjà perdu un proche et la série montre avec beaucoup de finesse que le deuil ne disparaît jamais vraiment, il évolue simplement avec le temps.
Elle est aussi sobre et touchante. The Witness donne envie d’appeler ceux qu’on aime et de les serrer un peu plus fort dans nos bras, longtemps après la fin du générique. Parce qu’on ne sait jamais finalement… ça pourrait bien être la dernière fois.


Chronique : Sylvia
Animation : Lionel
Réalisation : Paulo
Première diffusion antenne : 15 juin 2026
Crédits photos : Netflix
Publié le 17 juin 2026

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Une publication de Sylvia


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