The Pitt : quand Urgences rencontre 24 heures chrono
Quand j’ai commencé à regarder The Pitt, je me suis dit «Tiens! Ça me rappelle quelque chose» et au bout du deuxième épisode, j’ai compris: C’est comme si la série Urgences et 24 heures chrono avait eu un enfant.
Pour ceux qui auraient raté le phénomène de cette série crée par R. Scott Gemmill, «The Pitt» nous plonge dans un service d’urgences de Pittsburgh, en Pennsylvanie, pendant une garde de quinze heures. Chaque épisode représente une heure. Pas d’ellipse, pas de raccourci, juste une succession de patients, d’urgences et de catastrophes.
Et quand je dis catastrophes, je pèse mes mots. Dès la première heure, notre équipe de jeunes médecins doivent gérer une overdose, une crise psychiatrique, un accident, une famille en détresse et des patients qui débarquent plus vite qu’ils ne peuvent être pris en charge.
Pour nous guider dans ce chaos, on retrouve Noah Wyle dans le rôle du Dr Robby. Et honnêtement, après quinze saisons d’Urgences et maintenant The Pitt, je ne sais plus s’il est acteur ou médecin.
Dès la première minute, on rencontre la Dream Team: Javadi, Whitaker et Dr. Santos. Nos trois apprentis médecins qui commence leur premier jour aux urgences de l’hôpital de Pittsburgh justement surnommé «The Pitt» ou «le gouffre». Pour moi c’est un endroit chaotique où tout peut arriver, un peu comme un gouffre dans lequel on est jeté.
Javadi a 20 ans mais à l’air d’en avoir 16. Elle est surdouée et sa maman est une chirurgienne respectée de l’hôpital, ce qui ne va pas forcément l’aider. Lors d’une ronde auprès de patients, la chirurgienne pose des questions à ses apprentis pour tester leurs connaissances, normale. Javadi ne dit rien et attend que ça passe jusqu’au moment où sa mère finit avec un «on en a pourtant parlé à la maison, chérie», adressée à sa fille… et devant tout le monde.
Notre deuxième personnage est Dr. Santos, une très bonne apprentie mais avec un ego XXL qui agace rapidement son entourage. Elle arrive à se mettre tout le monde à dos avec son attitude de «je sais mieux que les autres» et les surnoms qu’elle distribue à ses collègues, comme «crash» ou «Huckleberry». Je vous laisse découvrir pourquoi en regardant la série, je ne voudrais pas vous spoiler. Une médecin voit quand même son potentiel et la prendra sous son aile jusqu’au jour où Dr. Santos lui plante un scalpel dans le pied. Bien que ce soit un accident, la jeune apprentie commence à comprendre qu’il y a une différence entre être sûre de soi et arrogante.
Et enfin Whitaker, un jeune apprenti qui galère pas mal mais avec un grand cœur. Il changera son uniforme trois fois pendant les trois premières heures de service. Pas par coquetterie mais parce qu’il découvrira très vite qu’aux urgences, les fluides corporels font partie du quotidien.
Premier épisode et je suis déjà stressée. Et ce ressenti ne m’a pas quittée de toute la série. A la fin de chaque épisode, j’avais plus l’impression d’avoir travaillé aux urgences que d’avoir regardée une série. Je suis claquée!
Ce qui est fascinant avec The Pitt, c’est son réalisme. Tout semble crédible: les patients, les dialogues, les situations d’urgence. On sent que la série a été pensée avec des professionnels de santé.
On retrouve une maman qui vient pour une brûlure avec ses deux enfants. Elle ne veut pas avouer qu’elle n’a pas de domicile fixe. La doctoresse qui s’en occupe va prendre le temps de l’écouter, la mettre en confiance pour finalement lui proposer l’aide de l’assistante sociale de l’hôpital. Pendant ce temps et à quelques mètres de là, des parents pleurent et hurlent de douleur en apprenant que leur adolescent est mort suite à la prise de médicaments pour aider à la concentration pendant ses examens. En parallèle, un SDF toxicomane gueule des atrocités à l’équipe parce qu’il est en manque. Bref! Tu n’as pas le temps de respirer!
Il y a quand même des intrigues sur certains personnages qui se développent au fil des épisodes, et c’est pour ça que tu ne peux pas t’arrêter de regarder.
Par exemple, une jeune fille arrive pour son rdv d’avortement. Elle vient avec sa mère et on apprend qu’elle est à un jour de la limite légale pour prendre le médicament nécessaire. Juste avant d’avaler la première pillule, une femme entre dans la chambre en criant. Il s’avère que c’est la mère et que la jeune fille est en fait venue avec sa tante. Elle hurle et fait toute une scène. Elle vient d’apprendre que sa fille est enceinte, elle est clairement contre l’avortement et elle lui interdit de prendre le médicament. Je ne vais pas vous spoiler la suite mais bien sûre que ce genre d’intrigue me donne envie de continuer même si je sais que «juste encore un épisode» risque de m’empêcher de dormir tellement j’ai l’impression d’être de garde avec eux.
C’est remarquablement joué et incroyablement filmé et j’ai vraiment admiré cette série mais, malgré ça, je ne suis pas sûre de l’avoir vraiment aimé… Mais je suis clairement dans la minorité: la série a rafflé deux Emmy Awards, deux Golden Globes et un Critics Choice Award.
Donc si vous voulez voir ce que ça fait de vivre un stage aux urgences alors foncez et regarder The Pitt!
Mais si vous aimez les séries médicales un peu plus légères, je vous conseille de rester sur Scrubs dont j’ai parlé la semaine dernière.
–
Chronique : Sylvia
Animation : Lionel
Réalisation : Antoine et Paulo
Première diffusion antenne : 8 juin 2026
Crédits photos : HBO Max
Publié le 9 juin 2026
Un contenu à retrouver également sur l'application PlayPodcast

Commentaires
Pas encore de commentaire pour cet article.