Feeding the Fantasy : un projet court mais maîtrisé
Feeding the Fantasy, c’est le nom du nouvel EP de la Bernoise Aino Salto.
Aino Salto avait déjà sorti un EP de 7 titres l’an dernier et revient ce mois-ci avec 4 morceaux qui composent Feeding the Fantasy.
Sa musique nous plonge dans un rêve qui nous balade dans les recoins de notre inconscient, pour le meilleur et pour le pire.
Aino Salto mélange savamment 2 univers et 2 tons : l’un très cru et très dur, et l’autre très doux et enchanteur.
Derrière ce nom se cache Sonia Loenne.
Et il faut bien reconnaître que celle-ci a su très vite trouver son identité musicale.
La pop de velours teintée de jazz qu’elle propose à ce jour semble issue d’une vision et d’une direction claires et précises.
Pas de révolution majeure entre Feeding the Fantasy et son précédent EP. On y retrouve d’ailleurs les mêmes musiciens : Luzius Schuler au clavier, Tabea Kind à la contrebasse, Eddy Sonnenschein à la batterie et Paul Butscher au bugle ou flugelhorn, instrument qui ressemble à une petite trompette, inventé par Adolphe Sax.
Ce nouvel EP d’Aino Salto est composé de 4 pistes, mais de seulement 3 vrais morceaux, puisque le 1er est une longue “intro” pour le morceau Banker.
Alors elle est très bien cette intro, mais est-ce qu’une intro, c’est un morceau ?
Le premier, Banker, raconte l’histoire d’un banquier qui se jette par la fenêtre de son bureau pour enfin ressentir quelque chose à nouveau.
Ensuite, Weird Spider est une chanson sur la perte et ces petits rires de réconfort qui surgissent quand on a l’air ridicule en pleurant, comme une drôle d’araignée qui fait les cent pas.
Il reste donc le dernier, Poppies Forever, que l’artiste a mis en avant en tant que single, sans doute pour ces quelques lignes au début de la chanson qui dépeignent une triste réalité : « Je ne peux pas payer mon loyer, mais en même temps, je ne connais personne qui le peut. »
Petite mention pour les pochettes de l’EP et du single qui forment une image complète si on les met côte à côte.
Cela rend hyper bien et donne en plus de la valeur à l’objet physique.
L’univers est très proche de celui de Cocorosie, on retrouve un grain de voix et une ambiance assez similaires.
La démarche de sortir seulement 4 titres, dont une intro, est un peu discutable, surtout parce que c’est très frustrant.
Quand une introduction est posée, on s’attend à de la matière derrière, et là, tout s’arrête au bout de 3 titres.
Seconde chose qui peut agacer : pour trouver les crédits et le petit texte explicatif concernant les morceaux, il faut aller sur Instagram. C’est un réseau social très utilisé, mais pourquoi ne trouver ces infos qu’à cet endroit-là ? C’est comme s’il n’y avait rien d’autre que ce canal de diffusion qui comptait. C’est un super outil de communication, mais pour quelqu’un qui dénonce dans ses chansons un système qui nous malmène dans des vies difficiles, ce n’est pas hyper cohérent.
(Petite mise à jour : les crédits ont été ajoutés sur le Bandcamp de l’EP entre-temps. Mea culpa.)
Le fait de nous en donner peu, pour un résultat très propre, marche très bien et donne envie d’une suite.
Feeding the Fantasy est vraiment bien, mais il faut bien le reconnaître, vraiment court.
Le morceau Banker paraît plus moderne en termes de production, que ce soit au niveau de la rythmique de la batterie ou des sons de synthé choisis.
On dirait presque de l’électro et ça fonctionne à merveille.
En tout cas, c’est une artiste à suivre, c’est certain, et le niveau pour un 2e
EP est déjà très impressionnant, vivement l’album.
Aino Salto : Feeding The Fantasy
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Chronique : Adrien
Animation : Lola
Réalisation : Léonard
Première diffusion antenne : 29 avril 2026
Crédit photos : Karine Brava
Publié le : 29 avril 2026
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