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CinemaÉcransEn Apesanteur

Olivia : la puissance du collectif

Nicolas | 31 mai 2026

Vous êtes plutôt tempête émotionnelle ou tremblement de terre invisible?
Moi, je suis incapable de faire un choix malheureusement… Si tu me poses une question, je suis le genre de relou à dire «comme tu veux»…
La protagoniste du film n’est pas nulle comme moi, et elle a fait un choix: c’est la seconde option.
Eh oui, je vous parle du film Olivia et le tremblement de terre invisible, d’Irene Iborra Rizo.
Olivia, douze ans, vit avec sa mère, Ingrid, et son petit frère, Tim. Le père est décédé et la mère a du mal à joindre les deux bouts. Une situation qu’on peut aisément qualifier de pas facile. Leur vie va encore plus se compliquer lorsqu’ils vont recevoir, par courrier, une décision de justice les expulsant de leur logement. La police arrive pour les déloger et Olivia fait croire à son frère que toute cette mascarade n’est qu’un film. Une stratégie qui vise à rassurer Tim, mais elle aussi. Regarder la situation par le biais de la caméra de son téléphone la rend moins difficile à supporter. Cela crée une frontière entre soi et la triste réalité. Les deux enfants vont en plus faire face à la dépression de leur mère.
La réalisatrice espagnole a choisi l’usage du stop-motion et des marionnettes. C’est le même procédé que pour Wallace et Gromit ou Ma vie de courgette. Irene Iborra Rizo précise que cette technique permet de mettre une «distance de sécurité» avec le jeune public. Il est donc moins tourmenté par la noirceur des situations.
Par ailleurs, la réalisation nous transporte dans un monde coloré et poétique. Dans les premières dix minutes, l’électricité est coupée dans l’appartement de la famille. La mère éclaire le salon avec une bougie et raconte une histoire à ses enfants.
De petits icebergs émergent du sol et une aurore boréale flotte en dessous du plafond. Le visage des marionnettes est alors illuminé à la fois par les couleurs de l’aurore et celles de la chandelle. Le film est rempli, ici et là, de jolies idées qui englobent le drame dans de la douceur. Cela aide à souffler un peu. Mais parfois cela résout un peu facilement certaines situations. Le film n’ose pas étirer des séquences qui pourraient être plus fortes émotionnellement. Mais on comprend aussi que c’est pour préserver les enfants qui iront le voir au cinéma.
D’autant plus que la volonté du film est de montrer comment surmonter des épreuves difficiles.
La réalisatrice met l’accent sur deux éléments importants en cas de situations compliquées: nous et les autres.
Nous pouvons nous en sortir grâce à nos propres ressources, comme j’ai pu l’évoquer, certes. Mais l’aide viendra aussi de la communauté. De notre soeur, d’un ami, de notre voisine ou de notre quartier.
Le film se focalise sur cette entraide. Après leur expulsion, la famille reçoit le coup de main d’une association. Elle les loge dans un quartier populaire. Olivia et Tim se lient d’amitié avec quelques voisins et voisines. Là-bas, c’est l’art de la débrouille. Tout le monde se sert les coudes. Les jeunes viennent raccorder l’appartement à l’électricité de la ville. On cache la mère malade dans les toilettes lorsque l’assistance sociale arrive. Cette scène donne d’ailleurs lieu à des blagues de prout hilarantes…
Une boutade pipi-caca bien placée c’est toujours un trésor qu’il faut chérir. On ne le dira jamais assez!
Olivia et le tremblement de terre invisible met en avant la puissance du collectif face à la précarité. Même si, là encore, le film ne creuse pas forcément toutes ces thématiques. La volonté pédagogique du récit et la courte heure du film simplifient obligatoirement le propos. La réalisatrice souhaite surtout offrir une oeuvre bienveillante et optimiste. Elle se focalise moins sur le drame que sur les moments de résolution.
Irene Iborra Rizo signe un film destiné avant tout aux enfants. Je précise que je n’en ai pas, des enfants. Mais j’ai eu le privilège de passer par cette phase de l’évolution humaine. Je peux facilement m’imaginer que le film leur plaira. Il y a des passages où les personnages font du rap. Les paroles sont enfantines et pleine d’optimisme. Elles resteront sûrement dans la tête de vos enfants. Ils risquent de vous taper sur les nerfs sur le chemin de retour.
Mais c’est quand même chouette de partir avec une base d’espoir, dans la vie. Avec l’idée que les choses vont s’améliorer. Laissons-leur un peu de répit avant que la tempête infernale du quotidien ne les rattrape…

Chroniqueur: Nicolas
Animation: Judith

Réalisation: Eval et Samuel

Première diffusion antenne: 29 mai 2026
Crédits photos : Nadasdy Film, Vivement Lundi!, Terremoto

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Une publication de Nicolas


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