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Nouveaux défis pour le CERN

Emma | 24 mars 2026

Le CERN, l’organisation européenne pour la recherche nucléaire, a changé de direction. Depuis le début de l’année Fabiola Gianotti a laissé sa place à Mark Thomson, directeur pour les cinq prochaines années. L’occasion de faire un point sur l’institution avec Arnaud Marsollier, porte-parole du CERN.

Après dix ans passés à la tête du CERN, Fabiola Gianotti se retire avec un bilan impressionnant. Elle qui avait découvert en 2012 le boson de Higgs avec Joe Incandela, elle a dû faire face à de nombreuses crises pendant ses deux mandats. Le COVID et le commencement de la guerre en Ukraine les ont par exemple mis en difficulté. Malgré cela, Arnaud Marsollier décrit un travail exemplaire, une « guide formidable pour l’organisation » et un accélérateur de particules qui a fonctionné encore mieux que ce qu’ils espéraient.

 

Des nouveaux enjeux pour Mark Thomson

Reprenant la direction du CERN, Mark Thomson devra lui aussi faire face à de nombreux défis, notamment l’élaboration de deux projets massifs. Tout d’abord, le LHC à haute luminosité, un outil majeur de la recherche scientifique, va subir de nombreux travaux. Les machines vont être arrêtées pendant quatre ans dans le but de les rénover et d’obtenir dix fois plus de collisions entre les particules, ce qui promettrait dix fois plus de potentiel de découvertes. Ensuite, dans un futur un peu plus lointain, le nouveau directeur devra se prononcer sur la mise en place d’un accélérateur de particules de 91 km. Ces changements internes se feront également dans un climat géopolitique international instable : Arnaud Marsollier évoque que cela peut apporter des difficultés dans les financements et dans les déplacements du corps de recherche. Cependant, il paraît confiant et souligne que les financements sont « depuis toujours un combat permanent » et que les 25 états membres de l’institutions continuent à les financer. Avec plus de 110 nationalités différentes représentées au CERN, le porte-parole insiste sur le fait que le CERN est « un endroit où les gens peuvent se retrouver et travailler ensemble ».

 

Une volonté d’ouverture

En plus de favoriser les échanges à l’interne, le CERN se veut également ouvert sur le monde qui l’entoure. Ainsi, Arnaud Marsollier explique que la dialogue avec le public est important pour l’institution, ce qui peut se voir dans les débats autour du futur collisionneur. Celui-ci soulève en effet des interrogations, notamment d’ordre écologiques, et le porte-parole affirme prendre en compte ces questionnements dans l’élaboration de l’installation, dans le but d’en faire « un exemple de grand instrument de recherche qui soit respectueux de l’environnement ». Un débat public sera également mis en place au printemps, un évènement que notre invité décrit comme « un moment d’importance de dialogue avec les habitants de la région ». Le public pourra alors poser des questions, exprimer ses craintes ou ses idées concernant le projet.

Le CERN cherche donc à établir un lien avec la population civile : une volonté notamment portée par l’ex-directrice Fabiola Gianotti qui a élaboré, lors de son deuxième mandat il y a deux ans, le portail de la science. Avec presque un million de visiteurs depuis son ouverture, Arnaud Marsollier explique que cette structure est « une belle opportunité d’accueillir plus de monde, de vulgariser encore un peu plus la science et de créer un programme d’évènements publics ». Le porte-parole souligne également l’importance démocratique de l’accessibilité à la science : alors que la technologie est omniprésente et que les scientifiques alertent par exemple sur le réchauffement climatique, il exprime son souhait que « la science reste pertinente vis-à-vis de la société, comprise, qu’elle fasse partie du dialogue ».

 

La rencontre de la science et de l’art

Au-delà du public, le CERN multiplie également les collaborations avec des institutions artistiques de la région comme Antigel ou Château Rouge à Annemasse, où a été présentée en septembre dernier la pièce Collisions qui raconte la rencontre d’un écrivain et d’une chercheuse. Cette ouverture au monde culturel résonne alors avec cette volonté de rendre la science accessible et ceci sous différentes formes. Arnaud Marsollier souligne l’importance « d’engager le dialogue sur ce qu’est la science aujourd’hui et où elle doit aller ». En plus de ces collaborations, le CERN a également des programmes de résidences artistiques depuis plus de 10 ans : le porte-parole explique qu’il y a une « volonté d’aller à la rencontre des artistes, parce que la science et l’art ça se répond d’une certaine manière ». Et au-delà d’un souhait, le porte-parole estime que cette ouverture au public est une responsabilité des chercheurs et des institutions : bien que la vulgarisation scientifique se complexifie lorsque les recherches deviennent de plus en plus pointues et abstraites, Arnaud Marsollier insiste sur la nécessité de la connexion entre science et société.

Découvrir le CERN:
Pour engager le dialogue avec l’institution et mieux comprendre son fonctionnement, le portail de la science est ouvert du mardi au dimanche et propose différents évènements. En septembre prochain auront également lieu les portes ouvertes du CERN, un week-end important qui a rassemblé l’année dernière plus de 80’000 visiteurs.

Invité : Arnaud Marsollier
Animation : Emma
Réalisation : Léo
Production : Emma
Première diffusion antenne : 4 mars 2026
Rédaction web : Clara
Publication : 4 mars 2026

Crédit photo : Renzo Piano Building Workshop, 5 avril 2019, CERN

Dernières modifications : 24 mars 2026

 

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Une publication de Emma


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