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Sophie Lindinger se dévoile dans un album prometteur

Nolwenn | 10 mars 2023

Cette semaine les amis, j’avais aucune, mais alors AUCUNE idée de chronique. Alors que j’errais dans l’onglet découverte de toutes les plateformes possibles et inimaginables – non vraiment, j’étais à deux doigts de me rabattre sur le dark net, pour être sûre qu’aucun album ne m’ait échappé – Alors que j’errais, donc, comme une âme en peine, sur l’internet, je tombe sur une couverture d’album qui m’attire. Rétrospectivement je pense que c’est juste parce qu’elle m’a fait penser à la pochette de «Both Sides Now» de Joni Mitchell, ou celle de «Self Portrait» de Bob Dylan. Jolie pochette.
Je clique, je lance l’album, et là inespéré : c’est cool. Vraiment. Jolie voix, jolie interprétation, jolies guitares, tout doux, tout sombre, tout ce que j’aime.
Elle s’appelle Sophie Lindinger, elle est autrichienne, elle a 3000 abonnés sur Instagram, quelques petits milliers d’écoutes sur Spotify, et c’est son premier album solo. Alors elle sort pas tout à fait de nulle part. Elle fait partie du binôme électro Leyya, qui a pas mal tourné en Europe ces dernières années. Ils ont notamment joué au Primavera Sound à Barcelone. Elle a travaillé sur plusieurs projets pour ou avec d’autres artistes, mais cette année elle s’émancipe de tout ça pour sortir un album solo intimiste et personnel qu’elle a écrit et composé seule. Son nom fait office de titre, son visage fait office de pochette, et les chansons abordent des sujets personnels tels que la rupture, la quête identitaire, ou encore la santé mentale. Sophie Lindinger se présente, se met à nu, et nous propose de faire un petit tour dans sa tête.

L’album s’ouvre sur «Happy Pills»: littéralement les pilules du bonheur. Hop-là à peine arrivés, bienvenue, enchantée, Sophie Lindinger, laissez-moi vous parler de mes anti-dépresseurs. J’en plaisante mais en vrai je trouve ça assez cool et culotté comme entrée en matière. C’est cohérent, elle annonce un truc profond et personnel, ça aurait pas eu de sens de rester en surface. Elle est brutalement honnête, et avoue des pensées dont on parle peu. Je pense notamment au titre «Say my name» dans lequel elle supplie son ex de lui mentir, pour faire durer encore un tout petit peu la relation. Ouch. On dit pas ce genre de trucs à voix haute normalement. Bah elle elle en fait un album. Ou dans un autre style il y a le morceau «How to love somebody fully» que j’aime beaucoup même s’il est un poil répétitif, dans lequel elle porte un regard critique sur sa relation passée et son comportement. C’est pas une chanson particulièrement triste pour le coup, le refrain est hyper apaisé et elle dit «C’est ok, on a fait tout ce qu’on a pu». C’est vrai, c’est honnête, c’est humble, c’est mature, et elle pose quelques questions très justes qu’on n’a pas forcément envie de se poser comme «Comment aimer quelqu’un complètement si on ne s’aime pas soi-même». Je te jure, ce disque j’ai l’impression que c’est mon psy. À chaque fois que je le termine j’ai envie de lui dire «ok on en reparle la semaine prochaine.» Et je pense que c’était le but. Alors pas d’être ma psy, évidement, même si elle y arrive plutôt bien, mais cet album sonne un peu une auto-psychanalyse. Elle fait un bilan de ce qu’elle a vécu, de ce qu’elle ressent, de ce qu’elle veut pour la suite.

Alors c’est nonchalant, voire même parfois somnolent. Ça repose sur une guitare, une basse, une batterie et une voix douce et soufflée qui, je dois dire, n’articule pas beaucoup. C’est le point que je trouve un peu dommage, c’est que c’est pas toujours méga compréhensible. Après voilà ça crée une ambiance sonore assez envoutante, y’a un côté presque hypnotisant et je dois dire que c’est franchement pas mal pour ces journées glaciales. Testé et approuvé. Musicalement, on dirait peut-être pas comme ça, mais c’est assez diversifié. À mi-chemin entre la dream pop et l’indie folk, ça va de la jolie chanson, douce et entrainante, à des morceaux très sombre et lent, comme «Salt», construit autour d’un seul riff de guitare électrique qui parcoure tout le morceau. Au fur et à mesure, des chœurs rejoignent le mix et une guitare excessivement distordue apparait lentement et prend de plus en plus de place, jusqu’à complètement prendre le dessus sur les dernières secondes du titre. C’est intense et ça rappelle presque Emilie Zoé par moment. S’il fallait comparer avec autre chose je dirais que c’est un mix entre Emilie Zoé et Angel Olsen. Alors elles ont rien à voir l’une avec l’autre, et pourtant je retrouve un peu des deux dans le disque. Quand je vous dis que c’est diversifié.

Il est tout doux cet album. Je dirais que c’est l’équivalent musical d’une balade en forêt à la fin de l’automne, quand il commence à faire froid, que les jours s’écourtent, et qu’on se sent un peu seul face à la nostalgie de l’été. Ouais selon ce que vous traversez en ce moment y’a moyen que ça vous fasse verser une larmichette, sans vraiment savoir pourquoi. C’est ça qui est assez fort, sans même s’intéresser aux paroles je trouve qu’on ressent vachement les émotions qui se dégagent de ces titres, et la détresse sous-jacente qui teinte tout le disque.

Ça donne envie hein ?!

Bon, je vais pas vous déprimer plus que ça. Je vous laisse avec «Coffee», le titre le plus rythmé de l’album. Je suis cool hein? Et pour les maso’ qui veulent chialer un coup, allez écouter ce disque, il y a tout ce qu’il faut.


Chronique: Nolwenn
Animation: Zebra
Réalisation: Seb
Post-production: Tamara et Alexis
Première diffusion antenne: 3 mars 2023
Crédits photo vignette: © Sophie Lindinger
Crédits photos background: © Hanna Fasching
Publié le 10 février 2023
Mis à jour le 19 mars 2023

Une publication de Nolwenn


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