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Musique

Paléo festival, cinquième jour

Julie Marti | 8 août 2018

 

Ça fait une dizaine d’années que je n’ai pas foulé le sol du plus grand festival open-air de Suisse et la dernière fois, c’était pour un concert mémorable : Arcade Fire en première partie de Björk. Autant dire qu’en ce samedi 21 juillet, pour mon come-back au Paléo, la barre de mes attentes est assez haute ! Alors c’est parti, gare Cornavin, CFF direction Nyon, munie de mes bottes de festivalière, de mon T-Shirt Radio Vostok et de mon enregistreur. Je dois interviewer Clara Luciani et m’en réjouis, tant cette longue dame brune des temps modernes fait partie de mes gros coups de cœur musicaux de l’année. J’arrive donc à l’espace presse gonflée à bloc et là, première déconvenue : interview annulée. Quelle déception ! Moi qui voulais te parler de ton rapport à ta féminité, Clara, de la rupture amoureuse qui a inspiré ton album Sainte-Victoire, de tes débuts avec le groupe La Femme…Allez, c’est pas grave, je te verrai sur scène tout à l’heure. Entre temps, avec Julie, mon acolyte de Radio Vostok, nous interviewons le groupe Muthoni Drummer Queen, une chanteuse kenyane et deux producteurs suisses. Leur mélange de hip hop, R’N’B, reggae, dance hall et drum africaine fait déjà partie de la playlist de la radio. Une interview fort sympathique à retrouver à la rentrée sur nos ondes.

Maintenant, Clara, à nous deux, je te retrouve sur la scène du Détour où ta belle voix grave résonne merveilleusement. Le public tombe sous ton charme mutin, séduit par l’alternance de ballades rock entraînantes et de solos guitare/voix émouvants dont cette reprise de Blue Jeans de Lana Del Rey. Quelques déceptions pourtant, Clara. Tu ne nous offres que 45 minutes de concert contre les 60 prévues et ce, malgré nos rappels insistants. Et puis, même si j’ai adoré ta performance, tout ça est peut-être un peu trop lisse, comme ta frange parfaite et ta chemise sans un pli.

© Paléo / Lionel Flusin


En parlant de chemise, le chanteur de Feu Chatterton, sur la scène des Arches, mouille bien la sienne, lui. On ne peut pas nier l’énergie qu’il insuffle à ses textes sophistiqués en live. Mais ce personnage burlesque d’artiste maudit et ses réflexions ésotériques entre chaque chanson ont vite eu raison de moi. Palé-hauts, Palé-bas, c’est ça l’esprit « festival » !

Amarillys Blanchard

Consensus, par contre, sur la superbe déco du Village du Monde qui met en avant cette année l’Europe du Sud : reproduction d’azuleros portuguais, grandes structures en bois évoquant des arènes antiques…Nous félicitons Amarillys Blanchard, la responsable de cette zone multi-culturelle qui existe depuis 2003. Elle nous fait découvrir un groupe de flammenco, qu’elle a programmé après les avoir repérés à la féria de Séville. Olé !
La suite de notre déambulation nous ramène à la scène des Arches où se produit un Bernard Lavilliers en grande forme. Un peu circonspectes au début par ce rockeur aux allures d’un autre temps (pantalon en cuir, boucle d’oreille de matelot, saxo et trompette), nous tombons rapidement sous le charme de ce crooner aux influences latino. Les musiciens nombreux (accordéoniste, saxophoniste, trompettiste, pianiste, percussionniste) sont excellents. Bernard, qui en est à son 9ème Paléo, a la grande classe, une voix envoûtante, des textes poétiques mais pas poseurs. Pas une goutte de sueur et pourtant il se donne, et offre un véritable échange, généreux et sincère avec le public. On se surprend à danser comme des petites folles au son de tubes que nous ne soupçonnions pas connaître (Les Mains d’Or, Idées Noires). Pour moi, c’est la belle surprise de la soirée. Et je ris en mon for intérieur en me disant qu’il détrône pas mal de jeunes artistes et que c’est lui le plus rock de tous !

© Paléo / Lionel Flusin


Photo de une : © Paléo / Eddy Mottaz

Une publication de Julie Marti

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