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« MAID » la mini-série inspirée de faits réels sur Netflix

Bathsheba | 22 novembre 2021

C’est une nuit sans lune. Alex est allongée dans son lit à côté de Sean les yeux grands ouverts. Il dort profondément. Elle se lève en silence, quitte la chambre sur la pointe des pieds. Elle enlace sa fille de deux ans Maddie, prend sa voiture et roule dans la pénombre. Elle ne reviendra plus en arrière.

Voilà les premières minutes de la série « Maid ». Elles marquent le début du périple semé d’embuche, d’une mère précarisée après avoir fui une relation violente.

Cette adaptation Netflix du roman autobiographique de Stephanie Land, nous emmène dans l’engrenage sans fin des galères sociales, financières et psychologiques qui subissent trop souvent les mères victimes de violences conjugales.

La série a le mérite d’aborder le thème des violences psychologiques dans le couple. Cette agression insidieuse qui ne laisse pas de marque visible sur le corps, Alex a du mal à la nommer. Elle sent simplement qu’il faut fuir. Mais pour aller où ?

Il faut dire que son entourage n’est pas des plus stable…Sa mère jouée par Andie MacDowell (« Quatre mariage et un enterrement », « Un jour sans fin ») a des sautes d’humeur imprévisibles qui peuvent mettre son enfant en danger. Son père, ancien alcoolique converti à l’évangélisme est absent et ses amis se sont tous ralliés à son ex conjoint.

Alex est seule avec sa fille.

Elle trouve une place de femme de ménage grâce à une assistante sociale. Elle nettoiera des villas avec bien trop de chambre vides, alors qu’elle-même n’arrive pas à trouver de logement.

La série dépeint la brutalité inouïe que représente le chemin vers l’émancipation des femmes qui fuient des violences conjugales surtout lorsqu’elles ont un enfant à charge.

Elle se retrouve dans des situations absurdes du type : pour avoir la garde de sa fille elle doit avoir un logement, mais pour avoir le droit à un logement social, Alex a besoin d’un travail. Or sans argent, elle ne peut pas payer de garderie à sa fille et donc elle ne peut pas aller travailler…

C’est compliqué et très frustrant ! D’autant plus, qu’elle a beau travailler autant qu’elle peut, ses revenus ne couvrent jamais ses dépenses.

La série n’est pas légère mais les sujets sont abordés sans aucun misérabilisme.

La mise en scène rend le tout très poétique et parfois même assez drôle. Par exemple lorsqu’elle est accablée, Alex est littéralement engloutie dans son canapé. Ou encore chaque fois qu’elle fait un achat, le montant de ses économies apparaît à l’écran et réduit à vue d’œil. On assiste aussi à ses hallucinations, lorsque les formulaires fastidieux qu’elle doit remplir pour avoir ses aides sociales prennent des titres étranges.

A mon sens, le plus de la série est indéniablement Margaret Qualey, l’actrice qui joue Alex. Elle est impressionnante de justesse dans son rôle de jeune mère en lutte perpétuelle.

La série n’est pas toujours facile à regarder. Les sujets abordés sont lourds et les obstacles à franchir semblent sans fin mais on ne peut qu’être prit dans le combat d’Alex.

Cette série vous marquera !

Je vous la recommande.

Une publication de Bathsheba


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