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Licorice Pizza, un teen movie pas comme les autres

Candice | 19 janvier 2022

Le très attendu dernier film de Paul Thomas Anderson, Licorice Pizza est sur les écrans depuis mercredi. Alors Candice, qu’est-ce que c’est Licorice Pizza ?

Une pizza au réglisse. Oui je sais ça n’existe pas, et ça sort de nulle part, les deux heures et quart du film ne donnent pas la référence de ce titre, mais il s’agit d’une chaine de magasins de disques qui existait à l’époque en Californie.
Voyons plutôt cette combinaison alimentaire hasardeuse comme une annonce d’un film singulier, qui marie beaucoup de choses et qui ne laisse pas indemne.
Ce n’est pas une histoire d’amour comme les autres. Ce n’est pas un teen movie comme les autres. C’est un film de Paul Thomas Anderson, et Paul Thomas Anderson, ne fait rien comme les autres.
À l’image de son personnage principal, Jerry Valentine, qui du haut de ses 15 ans est acteur et prétend avoir une boite de relation presse qui emploi sa propre mère. Jerry c’est un peu le starteupeur des années septante. Le gars qui, avant l’arrivée d’internet, se débrouillait pour trouver les bons plans de business, les exploiter, et se faire de l’argent. Un petit génie en quelques sortes, car on est dans l’Amérique capitaliste, consumériste et individualiste du premier choc pétrolier.

C’est ça l’histoire ?

Non pas vraiment, je me suis un peu égarée, en même temps c’est normal le film est un film fleuve, qui ouvre plein de portes et évoque de nombreux sujets.
Donc on est dans la fameuse vallée de San Fernando, banlieue de Los Angeles, en 1973. Il fait beau et chaud, c’est pas encore la canicule, les couleurs sont pastels, les chemisiers et papiers peint fleuris, les voitures sont manuelles, les téléphones sont fixes et les matelas, à eau.
Gary, vous l’aurez compris, c’est l’ado qui se comporte déjà en adulte. Pas de père à l’horizon, il s’occupe de son petit frère, porte des cravates et se fait tailler des costards sur mesure.
Alors quand il croise dans son école la fille de ses rêves, il le dit lui-même « j’ai rencontré la fille que je vais épouser un jour ». Ambitieux donc, d’autant plus qu’elle a 10 ans de plus que lui. Et c’est là que vient la question de départ du film : qu’est-ce qu’il se passe si un jeune de 15 ans invite une adulte à sortir et si elle dit oui.
Je ne vous donne pas la réponse, mais elle va venir au rendez-vous et va s’en suivre un voyage onirique, une odyssée cinématographique à travers le Hollywood des années 70, peuplée de personnages hauts en couleur qui nous mène de restaurants en restaurants et de voitures en camions.

C’est l’histoire d’une rencontre donc ?

Oui mais pas n’importe quelle rencontre, celle qui va tout changer, celle qu’on ne peut pas ignorer ou dénier, on ne sait pas si elle est bonne ou mauvaise mais on sait qu’elle est forte et qu’on ne peut pas lutter.

Et qui est cette jeune femme que Gary rencontre alors ?

C’est Alana. Qui est d’ailleurs jouée par Alana Haim, du groupe de musique Haim. Et Gary est joué par Cooper Hoffman, le fils de Philipp Seymour Hoffman. Et c’est leur première expérience de cinéma. Ce qui rend leurs prestations d’autant plus impressionnantes.
Bref je m’égare. Alana c’est une fille à la fois simple et mystérieuse. Elle est sagittaire et elle a deux grandes sœurs. Elle a l’air bien et en même temps, difficile de savoir ce qu’elle veut vraiment. Sûrement qu’elle-même ne sait pas, c’est pour ça qu’elle va laisser Gary rentrer dans sa vie.
Au fil du film, Alana observe deux générations d’hommes : celle des jeunes insouciants de Gary et ses copains, et celle des adultes tourmentés et violents comme son père ou les producteurs et acteurs hollywoodiens, enfermés dans le patriarcat et la masculinité toxique. Elle préfère la légèreté et on la comprend.

Bon mais alors qu’est-ce qui fait que c’est un film à part ?

C’est un film qui prend le temps: d’installer un décor, un univers, des personnages attachants, une bande son d’époque, et on s’y sent bien. C’est un film qui est fait avec une grande liberté et des moyens. Paul Thomas Anderson écrit, réalise et produit son film. Même s’il y a la MGM et Universal derrière, il arrive à rester libre.
C’est un film qui mêle le réel et la fiction. Il est inspiré de personnages et de faits réels et intègre au récit l’Histoire avec un grand H.
C’est un film qui offre plusieurs niveaux de lecture, doux en apparence, il propose une réflexion sur la famille, la jeunesse et l’ambition mais aussi la politique.
Bien meilleur qu’une pizza au réglisse, Licorice Pizza propose une recette maison pleine d’ingrédients touchants et captivants pour une dégustation sur grand écran.

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Chronique : Candice
Animation : Sidonie
Réalisation : Alexis
Première diffusion antenne : 10 janvier 2022
Mise en ligne : Valérie
Crédits photos : © 2021 Metro-Goldwyn-Mayer Pictures Inc.
Publié le 19 janvier 2022

Une publication de Candice


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