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La Femme revient en fanfare avec Paradigmes

Nolwenn | 23 avril 2021

Le 2 avril, les Français de La Femme sortaient leur 3ème album « Paradigmes ». Le groupe désormais culte de l’éléctro-punk-groove-yéyé-synth-pop-rock-psyché français – bref, ce groupe culte et inclassable – revient cinq ans après son dernier LP « Mystère ».

Souvenez-vous : La Femme c’est avant tout un duo créé en 2010 et composé de Sacha et Marlon, deux potes d’enfance originaires de Biarritz. Ils s’entourent de différentes chanteuses selon les titres, dont Clara Luciani qui a fait ses débuts dans le groupe.
En 2014 ils remportent les Victoires de la Musique dans la catégorie Album Révélation de l’année pour leur premier album « Psycho Tropical Berlin », et très vite le groupe s’impose sur la scène musicale francophone.
La Femme c’est aussi des textes décalés aux mélodies entêtantes sur des instrus imprévisibles, qui traversent tous les styles possibles au sein d’un même album. Et cette année, « Paradigmes » ne fait pas exception à la règle. On retrouve le groupe plus éclectique que jamais dans quinze titres plus surprenants les uns que les autres.

Le disque s’ouvre sur Paradigme, le titre éponyme de l’album. Derrière une instru hyper dansante portée par des cuivres façon charleston, se cachent des paroles tristes à pleurer, chantées par Alma Jodorowsky, Ariane Gaudeaux, et Clara Luciani qui prête à nouveau sa voix sur cet album. Le contraste est hyper efficace : perso j’adore cette chanson, que je trouve vraiment très bien écrite.

Le fil rouge de l’album est difficile à déterminer. Ils ont essayé de faire un album qui va dans tous les sens, et c’est plutôt réussi. Mais on remarque l’influence de la culture américaine sur leur musique, avec trois titres qui évoquent les States : « Cool Colorado », « Nouvelle-Orléans » et « Pasadena », des passages en anglais dans certaines chansons et un titre entièrement écrit dans la langue de Shakespeare. On retrouve aussi du banjo sur certains titres, et le morceau instrumental « Lâcher les chevaux », composé sur le rythme d’un cheval au galop, fait immédiatement penser à de vieux westerns. Avec un titre en espagnol, le groupe nous livre un album trilingue qui ne suit aucune règle.

De manière générale, La Femme ne ressemble à personne d’autre. Mais on devine malgré tout leurs influences sur certains titres, comme par exemple « Foutre le bordel » qui rappelle fortement Plastic Bertrand dans « Ça plane pour moi », ou encore le morceau « Pasadena » qu’on ne peut s’empêcher de comparer à Fauve. La ressemblance est telle qu’il est difficile de se détacher de cet autre groupe français, pionnier du Spoken Word en France, et je trouve que dans ce style ils sont en dessous. En faisant un album aussi hétéroclite, et en touchant à autant de styles différents, ils prenaient forcément le risque de ne pas exceller partout. Mais qu’importe ? Ils font ce qu’ils veulent, ils s’amusent, sans se demander si ça plaira ou pas, et c’est tout à leur honneur.

Dans cet album on passe du rock yéyé, à l’électro-pop, avant de tomber sur une espèce de fausse interview philosophique qui a comme un petit goût de « je ne crois pas qu’il y ait de bonne ou de mauvaise situation », et tout ça pour finir sur une balade en espagnol. On dirait la liste des titres que tu as shazamés, lancée en mode aléatoire. Ça n’a aucun sens. Alors tu sais quoi, je crois que le mieux c’est de lâcher l’affaire. Mets le disque dans ton lecteur, monte le volume, et n’essaye pas de comprendre. Tu verras, c’est cool.

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Chronique : Nolwenn
Réalisation : Nacho
Crédits photo podcast et une : © Polygon / La Femme
Crédit photo background: © JF Julian
Date de diffusion : 15 avril 2021
Publié le 20 avril 2021
Mis en une le 23 avril 2021

Une publication de Nolwenn


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