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EDITH (le journal d’Edith)

Pierre | 30 octobre 2020

Edith (Le journal d’Edith)
C’est le double titre du premier spectacle répertoire qui se joue actuellement au théâtre le Poche jusqu’à la fin décembre.
Un double titre à l’instar de la dualité entre Edith et son journal intime. Celui-ci n’est pas simplement le reflet de ce que vit Edith mais c’est aussi le réceptacle de ses désirs, de ses frustrations, de ce qui aurait pu être sa vie. A la lecture du journal, un doute s’instille sur ce qui est possiblement vrai et ce qui ne l’est pas.
Il n’en fallait pas plus pour séduire Mathieu Bertholet et l’inviter à adapter ce long roman en une pièce de théâtre.
Il a élagué le récit, réduit le nombre de personnages et les a mis dans la boite noire.
Il n’est pas le premier à être intéressé par la complexité des personnages de Patricia Highsmith. Ses thrillers psychologiques ont séduit le monde du cinéma.
On se souvient de l’inconnu du Nord express d’Hitchcock, de Plein Soleil de René Clément, de l’Ami américain de Wim Wenders et des nombreuses adaptions liées à Monsieur Ripley, personnage récurrent dans la littérature de cette auteure.
Pourquoi tant de réalisateurs se sont inspirés de ces intrigues. Sans doute parce que les personnages ont la force de ne pas être immédiatement saisissables.
« On peut avoir une interprétation des personnages comme des personnes, nous ne voyons que celles-ci veulent bien nous montrer. L’être humain est à facettes et la fiction œuvre à démontrer cette complexité.
Résumons de la situation de notre histoire.
Edith vit à New-York. Ce sont les années 50, le modern life américain et à vingt-cinq ans, Edith est mariée et croit en la beauté de son avenir. Elle a l’ambition d’être une femme indépendante, libre, qui réfléchit. Une femme bien.
Mais à cinquante ans, Edith vit en banlieue et n’est rien de tout cela. Son couple a chaviré, son mari est parti, son fils est un poids et sa vie un échec.
Mais le journal est là pour tenir bon. Il est là comme double mental, univers parallèle où Edith vit. Il est le mensonge auquel elle se raccroche. Nous observons comment une vie inventée peut cacher une réalité.
Si on réfléchit bien, ne trouve-t-on pas plein de petites Edith sur les réseaux sociaux.
Je parle de ces gens qui mettent en scène les images de leurs vies.
Je parle des moments sélectionnés, des sourires forcés, des décors paradisiaques, des filtres pour rendre les photos plus belles, plus glamour.
En agissant de la sorte, que cherche notre humanité ? Est-ce qu’elle ne désire pas mettre en lumière une vie désirée plutôt qu’une vie réelle.
Pour le dire autrement, je vais emprunter les mots de Mathieu Bertholet le metteur en scène doublé de l’adaptateur du roman…
Le journal d’Edith n’est pas, selon lui, un lieu de confessions ou de plaintes, il est cet // autre moi // inventé qui maintient en vie.
Patricia Highsmith a connu le succès mais pas le bonheur.
Elle aurait déclaré : « Je préfère vivre seule car mon imagination est plus fertile quand je ne parle pas avec les gens. »
Le spectacle est programmé sur une longue période et j’espère que vous trouverez le moment propice pour le voir.
Il est joué par Angèle Colas, Jeanne De Mont, Fred Jacot-Guillermo et Guillaume Miramon

Une publication de Pierre


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