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La QuotidienneMusique

Dino Brandão lance son projet solo avec « Bouncy Castle »

Nolwenn | 18 janvier 2022

Cette semaine je viens te parler du premier EP de Dino Brandão, un nouveau talent de la scène musicale suisse. Enfin pas si nouveau que ça, puisqu’on a déjà pu le découvrir dans le groupe Frank Powers depuis 2017, et aux côtés de Sophie Hunger depuis 2019. En 2020 les deux artistes ont d’ailleurs sorti un album intitulé « Ich Liebe Dich », en trio avec le zurichois Faber. Un album de chansons d’amour en dialecte suisse allemand, c’est un concept, mais avec ces trois musiciens, difficile de taper faux, et une fois passé la barrière de la langue, c’est très beau. Mais je m’égare !

En novembre 2021 l’artiste suisso-angolais sortait son premier EP solo, « Bouncy Castle », chez Two Gentlemen. Au fil de ces 5 titres, on découvre son univers à la fois mélancolique et coloré, dont on cernait déjà les prémisses dans les morceaux de son groupe Frank Powers. Mais cette fois, Dino Brandão se dévoile en son nom, et nous livre des morceaux aux rythmes solaires, bien qu’abordant des thèmes assez lourds.

Ce qui frappe directement, c’est évidement sa voix et son timbre si particulier qui rappelle un peu celui de Joe Newman, du groupe Alt-J, de Mat Bastard de Skip the Use, voire même d’Asaf Avidan sur certaines notes et intonations.
Mais là où Brandão se démarque vraiment, c’est au niveau de la qualité de la composition. Il mêle des mélodies pop, à des instrus frisant parfois le rock, le tout avec, comme fil rouge, des rythmes afro-brésiliens portés par des percussions d’inspiration angolaise, sans compter une section cuivre efficace et quelques touches de guitares presque bossa nova par-ci par-là. Oui. Tout ça en 5 titres. Et même si tu parles pas anglais, et que tu pipes pas un mot de ce qu’il raconte, je t’assure que tu seras pris aux tripes par son interprétation. Je pense surtout aux deux derniers titres du disque : « Spending Parade » et « The Arts ». La dernière est vraiment bouleversante par son intensité, avec une instru très épurée laissant toute la place à la voix, à la fois fragile et puissante; comme si elle pouvait flancher à tout moment, mais maîtrisée à la perfection.

Quant aux textes, ils sont hyper poignants, bruts. L’artiste se livre corps et âmes dans ce disque, littéralement, puisqu’il y parle de troubles mentaux, et physiques. Il aborde ouvertement les différentes maladies dont il est atteint, et notamment la sclérose en plaque. « Bouncy Castle », le premier single et titre de l’EP, en parle très explicitement. Il compare son corps et son esprit à un château gonflable, et les hauts et les bas qu’il implique. On retrouve dans ce titre une légèreté, presque naïve, pour aborder un sujet aussi lourd et personnel. À travers cet EP, il parle donc de maladie, de solitude, mais aussi de faits de société, notamment dans Pretty où il parle de la surconsommation et de ses effets, notamment sur le continent Africain.

Cet EP est vraiment surprenant, à la fois drôle, dansant, troublant, émouvant, on passe par toutes sortes d’émotions en l’espace de 20 minutes 15. Le seul bémol que je peux y trouver, c’est qu’il est court. À la fin on écouterait volontiers encore quelques titres, mais pour ça on va devoir attendre la sortie d’un album, ou alors aller le voir sur scène. Il jouera au festival Antigel à Genève le 10 février prochain, et il était censé faire une tournée en février mais ça a été reportée à cet automne. Du coup ça te laisse le temps d’écouter tout ça et de réserver tes place.


Chronique : Nolwenn
Réalisation : Teo
Crédits photo podcast : © Julien Chavaillaz
Crédits photo background : © Gaetan Nicolas
Date de diffusion : 13 janvier 2022
Publié le 18 janvier 2022
Mis à jour le 20 janvier 2022

 

Une publication de Nolwenn


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