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Derya Yıldırım & Grup Şimşek chante l’amitié avec « Dost 2»

Romain | 27 décembre 2022

Grâce à notre radar discographique on suit avec attention ce que fait Derya Yıldırım & Grup Şimşek (prononcer Derya Yuldurum & Grup Chimchek). Quoi de neuf à leur sujet ?

En 2020 on avait capté leur concert au Théâtre de l’Orangerie, un vrai baklava sonore ! Leur renommée a commencé en 2016 avec leur premier EP « Nem Kaldi ». Il comprenait des chansons largement diffusées par des radios indépendantes de qualité telles que NTS ou Worlwide FM. Le nom du groupe s’est alors retrouvé dans plusieurs sélections de «diggers» reconnus puis l’album «Dost 1» a vu le jour en 2021. Je te présente la suite, «Dost 2», fraîchement livrée par Bongo Joe et Soyouz Records.

Leur musique est à l’image de la Turquie. Un immense carrefour d’influences, entre Moyen-Orient et Europe et même un brin d’Asie si on regarde plus loin. Des cultures bien différentes s’y croisent et se révèlent compatibles à plusieurs égards. Je te parle de ce pays et surtout d’Anatolie car les parents de la chanteuses viennent de cette région. Cependant le groupe est d’avantage européen, allemand, français, anglais et suisse! Il reprend toutefois les traits caractéristiques du rock turque des années 70. Un courant prolifique, basé sur des chants traditionnels mêlés aux guitares psychédélique et aux schémas de composition européens.

Une douce funk orientale caractérise «Daridlim Daridlim», le deuxième titre de cet album dédié aux amitiés, aux camarades, aux frères et sœurs de ce monde selon ma traduction pas du tout littérale. Mes bras se lèvent tous seuls et j’ai envie de claquer des doigts comme dans un mariage de série télé. La danse du ventre pourrait rapidement venir ensuite.

Avec Derya Yıldırım & Grup Şimşek on est pourtant loin de l’ostentatoire et de la bête séduction. On se trouve plutôt dans une espace intermédiaire, lumineux, entre ciel et terre. Une ambiance mystique, quasi religieuse se dégage de leur production. Pour le coup je me vois dans un salon de thé à Ankara, les vapeurs cachent des beautés d’ailleurs, des personnalités spirituelles et bienveillantes. Dépaysement garanti. Cette sensation provient sûrement du Saz, un instrument finement manié par la chanteuse. C’est un long luth de cinq cordes pincées, typique de Turquie. Il permet d’obtenir des demi-tons et des quarts de tons peu communs voire absents sous nos latitudes. Un autre de ses atouts est l’imposante caisse de résonance donnant une gracieuse profondeur au son. Écoute plutôt.

Détour romantique avec la chanson « Gümus » (Gumuche). Une basse chaloupée vient servir la superbe voix de Derya Yıldırım. On croirait entendre l’adieu d’un ou une jeune à sa famille pour aller vers un grand voyage. C’est à la fois larmoyant et plein d’espoir. Un thème délicieusement kitch au synthé vient nous plonger dans une histoire dramatique, sur un quai de gare par exemple. Lorsqu’on écoute cette piste on trouve toutefois l’envie de nous élever, de relativiser, comme si tout finissait par s’aligner en bout de course. Il nous faut juste être pleinement présents et patients, c’est ce à quoi nous invite cet album. Profiter des évènements, de ses proches, pour qu’ils deviennent les meilleurs ingrédients de notre cuisine quotidienne.

Petit aparté, il ne faut pas confondre la chanteuse avec une candidate de «The Voice France». Elle portent strictement le même nom.
J’ai aussi repéré une troisième interprète turque avec qui on peut la confondre. Donc si vous voulez que votre fille pousse la chansonnette appelez la Derya et ça devrait jouer.

Dernière recommandation avec la funk de « tea time » appelée « Bal ». Une chansons à la fois classe et détendue. Solo de guitare gluante et planante en milieu de piste. Ça fleure les influences indiennes avec la répétition de notes entremêlées de fines nuances. Sont ensuite progressivement ajoutées des entrées d’instruments…Habilité acoustique bien rodée, on fait d’abord entrer l’auditeur dans un univers, avec un thème redondant puis on lui envoie des paillettes dans le casque ! Tout un art…


Chronique : Romain
Réalisation : Téo
Crédits photo podcast : Cafe Bar Mokka
Crédits photo background : Christian Menkel
Date de diffusion: 14 décembre 2022
Publié le : 27 décembre 2022

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Une publication de Romain


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