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La QuotidienneMusique

Chanter l’été avec Moictani et « Mi Vida en El Sunshine »

Romain | 31 mai 2022

Oui à la chaleur, oui au soleil, oui à l’insouciance. Un EP lumineux vient de paraître du côté de Vevey

La jeune Moictani a concocté un bijou d’hédonisme sonore avec « Mi Vida en El Sunshine ». Quatre pistes parues le 4 avril chez Bleu Lagon Records, une chouette maison entièrement tournée vers le rock expérimental et local. L’artiste dont je viens te parler en est une fière représentante. Elle nous distille un jazz rock entraînant avec des touches électroniques et un savoir-vivre indéniable. Pura vida version veveysanne.

Que retenir de cette sortie ? De la légèreté, des reverb’ et un son volontairement vieilli. La piste« Siento el calor » peut rappeler Mac de Marco ou l’incontournable Devendra Benhardt. Cette chanson estivale pourrait être la BO d’une ballade en décapotable ou sur une moto d’antan. On se laisse porter par le vent et les bonnes odeurs, comme si la journée ne finissait jamais et qu’on embrassait le soleil. En espagnol elle chante la lumière et le sentiment de liberté. Quelques envolées et moments plus graves viennent nuancer cette brise mélodique. On notera également le synthé minéral rythmé par une cowbell, cette petite cloche de vache ou de batteur. Détail de production : elle écrit, chante et joue tous ses morceaux.

« Migraine song » de positionne en deuxième piste de cet EP. Elle commence avec une boîte à rythme à la TR-909 de chez Roland. Un riff fantomatique et une basse légèrement chaloupée servent merveilleusement sa voix doublée et soumise à l’effet du chorus. On croirait déambuler dans un marché aux puces, étrange et terriblement esthétique. Comme dans un film d’auteur ou une peinture néo-classique avec des clairs obscurs. Une ode à la contemplation avec un brin de mélancolie. Parfois Moictani chante sans parole, en fausse simplicité. Elle nous fredonne des airs comme s’il s’agissait d’une veille pote, celle qu’on adore secrètement avec son talent bien trop naturel. Elle joue la carte de l’artiste voisine de palier, discrète et intrigante. Ça crée une proximité avec l’auditeur, on se sent touchés par son grain de voix comme si elle ne chantait rien que pour nous. Un peu comme Alain Souchon dans un autre registre. Toutefois je décèle un réel travail acoustique pour un effet vintage mêlé à un style moderne. Les fréquences de guitares sont légèrement modulées pour un effet de bande vieillie, comme si l’on écoutait une cassette ralentie.

On pourra l’écouter dès vendredi à Vevey, le 11 juin à Lausanne, le 14 juillet à Cerneux-Godat et fin août à la Tour-de-Peilz. Je recommande un dernier titre à la rythmique surf-rock diablement efficace. Parfait pour se déhancher nonchalamment et garder une certaine jeunesse d’esprit. J’en ai besoin en ce moment. Bientôt mes 30 ans, tu vois le genre : crise existentielle, bedaine etc. Voilà ce qu’il faut, un solo de synthé de l’espace ! Bien trop court au demeurant. Il vient se mélanger avec à une guitare tellement distordue qu’elle se transforme progressivement en nappe abstraite. La chanson s’appelle « PLS don’t cry », hymne à la légèreté. Mention spéciale pour le chant à la limite du grunge sur une musique sixties. Il ne m’en faut pas plus pour relativiser sur mes cheveux blancs et mon incompréhension de Tik Tok. Hasta la vista.


Chronique : Romain
Réalisation : Cyril
Crédits photos : DR
Date de diffusion: 17 mai 2022
Publié le 31 mai 2022

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