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Biennale de Venise: La Suisse explose les barrières du genre

Aline Müller | 1 novembre 2019

Après un long trajet en train, j’arrive sur les terres vénitiennes pour découvrir durant un week-end les multiples expositions de la Biennale d’art contemporain. Fondée en 1895, l’institution artistique est l’une des plus importantes au monde et met en avant tous les deux ans des œuvres d’artistes internationaux. La Biennale de Venise, qui est encore ouverte au public jusqu’au 24 novembre 2019, se déploie cette année autour de la phrase : « May You Live In Interesting Times ». Longtemps considérée comme une traduction anglaise d’une malédiction chinoise, cette expression, dont l’origine a certainement été inventée, évoque une période d’incertitude, de crise et de bouleversement. C’est donc autour de ce thème que les œuvres exposées dans différents lieux de la ville de Venise ont été pensées.

Première visite du week-end, le pavillon suisse est aussi l’une des plus percutantes. Invitées par la commissaire d’exposition Charlotte Laubard à investir le bâtiment helvétique, les artistes Renate Lorenz et Pauline Budry proposent une installation cinématographique qui questionne la notion de genre. Dans les performances filmées projetées au mur, cinq danseurs s’approprient les codes de la culture queer et floutent les frontières traditionnelles de la féminité et de la masculinité. Les artistes, installées à Berlin, mettent en scène par ce jeu des corps ce qu’elles perçoivent comme un retour en arrière au niveau des droits et des libertés de toutes les minorités.

« Les gens arrêtent d’utiliser un langage neutre du point de vue du genre et passent de leurs groupes polyamoureux à des familles traditionnelles. Le discours de haine ne semble pas seulement acceptable, mais devient un moteur qui nous confine agressivement dans ce qui est considéré une vie normale. »
Lettre de Renate Lorenz et Pauline Budry, Venise, février 2019.

Intitulée « Moving Backwards », l’œuvre du pavillon suisse est aussi un appel à la résistance collective. Les performances font notamment référence aux méthodes de guérilla des combattantes kurdes, qui enfilent leurs chaussures à l’envers pour marcher dans les montagnes enneigées. Cette technique de confusion est reprise et investie par les cinq danseurs, qui sont filmés à l’endroit-même où les images sont projetées. Les spectateurs, qui entrent par les « coulisses » dans le noir le plus complet et atterrissent directement sur la scène, se retrouvent dans la position de potentiels performeurs. Ils sont invités à participer, s’ils le désirent, à ce mouvement de libération.

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Crédit photos : © Moving Backwards, Pauline Boudry et Renate Lorenz

Une publication de Aline Müller


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