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Il y a quelque temps, en me baladant en ville, je découvrais qu’un groupe de rock avait vernit leur album quelque semaines auparavant. Plus tard, je décidais de mettre une playlist sur Youtube. Coup de pouce du destin, une chanson de cette même formation est apparue.

J’y ai tout de suite accroché. Suffisamment pour vouloir en savoir plus sur eux. J’ai écouté quelques singles, j’ai acheté leur album, je l’ai écouté, et j’ai tout de suite regretté de ne pas avoir été à ce vernissage. « Outsiders » d’Adieu Gary Cooper devenait mon album préféré, aujourd’hui c’est ma madeleine de Proust.

Après 7 ans d’absence le groupe romand est de retour avec un nouvel album, « Toute sortie est définitive ». Une telle attente, c’est long ! Qu’est-ce que ça donne ?

Le premier truc qui m’a frappé c’est que l’album reste dans le rock, mais cette fois-ci avec beaucoup plus d’éléments pop et électroniques que d’habitude. En effet, les guitares électriques sont là, mais les claviers ainsi qu’une batterie au son très artificiel prennent une grande importance. Le rythme, quant à lui, est très dansant. D’ailleurs les meilleurs titres du projet sont ceux qui te font bouger.

Certaines instrus m’évoquent énormément ce qui se faisait dans les années 80. Pour autant, ce n’est pas fait dans une démarche rétro : à travers ces machines, le but a été de produire une sonorité actuelle et moderne tout en étant sombre ; c’est à l’image de ce qu’ils dépeignent dans les paroles.

Justement, niveau textes, on traite beaucoup des problématiques liées au travail et au chômage, de la routine et de notre l’aliénation par celle-ci, ou encore des frustrations du quotidien…

Ici, le chanteur Nicolas Scaringella joue le rôle d’un travailleur désabusé par la tournure qu’a pris sa vie par rapport à son « métro-boulot-dodo » journalier. Le titre « Ainsi soit-il », en est un parfait exemple : « le même putain de patron, il est dix ans plus tard » dit-il entre autres. Cette combinaison entre instrus rock électronique et lyrics désabusés est ce qui m’a fait aimer leur musique à la base ; la voir de retour me fait grand plaisir.

Parce que oui, cette combinaison, date d’avant et ces thèmes ne sont pas nouveaux que ça. En effet, ils en parlaient déjà dans leur album précédent. Sauf qu’il était bien plus long que celui qu’on a maintenant. Comme s’ils avaient voulu simplifier leur propos. Ou tout du moins le rendre plus accessible.

Il y a quand même une différence. Là où l’autre était un cri de désespoir, celui-ci est un regard moqueur face à une société post-COVID, en proie aux guerres, et au réchauffement climatique, entre autres. Tu sais, ce rictus narquois de quelqu’un qui attend de voir une voiture fonçant à toute vitesse s’écraser contre un mur ; quelqu’un qui « s’attend au pire ».

Au final, l’album est très bon, dans la continuité de ce que faisait le groupe précédemment, mais en plus facile à aborder. Si tu es intéressé par ce qu’il propose, tu auras du rab avec « Outsiders », qui à mon sens est un vrai classique.

« Toute sortie est définitive » d’Adieu Gary Cooper chante et fait danser sur notre société allant trop vite et droit au mur. Avec ses titres rock au paroles désenchantées, l’œuvre t’entrainera dans son univers rythmé et désabusé par l’état des choses.

Au fond, on fait tous « comme si de rien, mais on s’attend au pire ».

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Animation: Emma
Chronique: Julián
Production : Baptiste
Réalisation: Lorenzo et Alexis
Première diffusion: 12 mars 2024
Crédits photos : © Adieu Gary Cooper
Crédit photo de une : © Magalie Dougados
Publié le 18 mars 2024
Modifié le 21 mars 2024 à 20:22
Mis en une le 22 mars 2024

Une publication de Julian


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