La Villa Dutoit peuplée d’êtres hybrides avec Isabelle Perez
À la Villa Dutoit pour une exposition, j’ai été figée dans cette vieille maison.
Vieux plancher. Le bois craque sous mes pieds. Craque encore.
Chaque pas possède son bruit à lui. J’avance doucement. J’écoute. Avant même de regarder
les œuvres, j’écoute la maison. Elle réagit à ma présence. Comme si elle m’accompagnait
durant toute ma visite.
Je rentre dans le monde d’Isabelle Perez. Bestiaire contemporain – figures hybrides de l’âme
humaine. Et très vite, ma perception joue avec mon imagination.
Je regarde les œuvres. J’observe une créature. Non plusieurs.
Ou peut-être une seule qui se transforme.
Je crois voir un pigeon. Non un humain. non j’y suis pas. un pigeon humain. Ou un humain
pigeon. Je sais pas. je ne sais plus. Les formes glissent les unes dans les autres. Rien ne reste
stable. Rien ne semble totalement terminé.
Les œuvres mutent devant moi.
Et moi, immobile face à elles, j’ai presque l’impression d’être plus figée qu’elles. Elles
bougent encore intérieurement. Comme si quelque chose continuait de se fabriquer sous la
matière. Sous la gravure. Sous la peinture. ou la terre crue.
Et je crois que c’est là que le titre commence à résonner : figures hybrides de l’âme humaine.
Parce qu’ici, l’âme humaine n’est jamais fixe. Jamais binaire. Elle déborde. Se mélange.
Change de peau. Encore et encore.
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Chronique : Camille
Animation : Lionel
Réalisation : Marlon
Crédit photos : Camille
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