Why Don’t You Dance?: le corps face à l’exil
Jusqu’au 1er novembre, Photo Elysée présente Why Don’t You Dance? de l’artiste iranienne Hannah Darabi qui a récemment reçu le Prix Elysée. L’artiste convie les visiteurs à une histoire sociale de son pays, où la danse est une forme de résistance face aux lois restrictives. Lydia Dorner, commissaire de l’exposition, revient au micro de Radio Vostok les spécificités de ce projet musical et joyeux.
«Je pense que la force du travail de Hannah Darabi: c’est pas de la joie légère, c’est pas de la joie gratuite; la dénonciation, la résistance politique est bien présente. C’est peut-être la manière de donner le message qui est plus joyeuse, et j’aime à penser qu’elle est plus profonde.», confie Lydia Dorner. En effet, inspiré par le mouvement de protestation iranien Femme, Vie, Liberté, le projet de Hannah Darabi s’intéresse à l’omniprésence de la danse populaire dans la société iranienne et de sa transformation en expression politique d’une résistance au pouvoir.
Le pouvoir de la diaspora
Si Téhéran occupe une place centrale dans l’exposition, notamment grâce à l’autobiographie de Mahvash, une des premières danseuse et chanteuse de cabaret de l’Iran des années 1950, Les secrets de l’accomplissement sexuel (évidemment rapidement censurée), la danse s’exporte à l’international avec des arrêts à Berlin et à Los Angeles. «Hannah Darabi réussit le tour de force assez incroyable, je trouve, d’allier énormément d’horizons différents et de rassembler les gens.», affirme Lydia Dorner.
En travaillant avec des archives, des photographies et en pratiquant le collage, l’artiste réactive des perspectives, fait dialoguer des époques différentes et emmène son public à la rencontre de l’Iran et de sa danse populaire. Tout relève cependant du registre de l’évocation, peut-être une manière d’évacuer le tragique de l’histoire (sans l’effacer), pour se recentrer sur la joie, sur la résilience et les rencontres entre plusieurs cultures.
L’Iran à Lausanne?
Malheureusement, le collectif berlinois de danseurs et de chorégraphes avec lequel travaille Hannah Darabi ne se produira pas lors du finissage de l’exposition. Mais la fête promet d’être haute en couleur et permettra au public de découvrir la poésie iranienne (en vf et en vo) avec Danial Seyed Aboudi et autres performances chorégraphiques et musicales. Rendez-vous donc le 30 octobre prochain à Plateforme10 pour la soirée Echoes of Tehran.
Invitée: Lydia Dorner, commissaire de l’exposition
Animation: Lionel
Réalisation: Chloé et Marlon
Production: Roxanne
Crédits image: Hannah Darabi
Rédaction web: Jonathan
Mise en ligne: Jonathan
Première diffusion le 15/10/2026
Publié le 19/10/2026
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