Viragezero, un virage dans un univers sombre et onirique
Quand tu formes un groupe de musique, forcément, tu conjugues tes sensibilités musicales avec d’autres musiciens.
(Oui, je sais, quel scoop…)
Ça mérite d’être souligné, les différences de sensibilité, ça peut donner quelque chose d’inattendu. Là où ça se ressent le mieux, c’est quand tu écoutes un supergroupe dont tu es familier aux projets de ses membres… Aujourd’hui on en a affaire à un qui est 100% genevois, et qui vient de sortir son album éponyme sur le label Bongo Joe.
Viragezero, c’est un groupe formé de Zéo et Augustin Sjollema qui sont derrière Citron Citron, ainsi que de musiciens issus d’autres projets, entre autres L’Éclair et Magic And Naked.
On a donc, une nouvelle formation dont les membres sont issus de genres musicaux différents et qui propose un son à la croisée des chemins, entre la dream-pop, la trip-hop, et l’électronica. Et le moins que l’on puisse dire, je ne m’attendais pas à ça. Surtout vu l’idée que je me suis fait des projet respectifs des membres du groupe. Citron Citron fait de la dream-pop très douce, Magic and Naked fait de l’indie-rock psychédélique, et l’Éclair fait du jazz-fusion.
Connaissant leur musique donc, disons que je ne m’attendais pas à une proposition aussi nouvelle et radicale. Les instrus font la part belle à des influences éclectiques. On a affaire à des synthés aussi puissants qu’éthérés, où se mêlent des lignes de basse et riffs de guitares démentiels aux grooves énergiques. Si n’importe quel autre album aurait pu se perdre dans un mélange mal maîtrisé, ici, tout se conjugue à merveille.
En résulte une musique onirique et sombre qui te fait voyager et t’évoquer tes plus grand désirs, tel un elixir qui prendrait le goût et l’odeur de ce que tu aimes le plus… Comprends par là que j’ai eu l’impression d’écouter ce que j’aimais. J’ai kiffé.
Ainsi, de mon côté, j’ai écouté de la funk et du métal mêlé à un groove l’électro, de la dream-pop bien 90s qui aurait toute sa place dans un concert de Bjork, de la shoegaze bien vénère, de la trip-hop chill pour ballade nocturne un soir d’orage… Le tout sans que ce ne soit incohérent!
Et à mon avis, ce qui tient tout cet ensemble, c’est le mixage. C’est simple, les instruments clairs sont trempés dans de la reverb pour te faire flotter, tandis que pour donner du punch et te faire danser, les basses, elles, sont bien compressées.
À travers cette savante et envoutante recette, tu te retrouves comme aspiré dans un vortex musical qui te transporte aux pays des rêves par les airs, tandis que sur terre tu te retrouves survolté sur le dancefloor.
Il faut surtout mentionner la prestation de Zéo. Sa voix emprunte d’une douceur dont l’écho réverbère à travers les instrus m’a beaucoup fait penser à du Thom Yorke. Toutefois, si les paroles valent la peine d’être lues et appréciées dans leur poésie, elles sont quelques peu mises au second plan par rapport aux instrus, reverb sur la voix de Zéo oblige.
Mais même là, je trouve le choix artistique respectable. Après tout, si on ne se souvient pas des paroles, on ne se souvient pas non plus des rêves qu’on à la nuit dernière. Au final, viragezero, c’est un groupe et un album qui fait la part belle aux rêves et aux sons radicaux, dont l’univers onirique et sombre saura te transporter aux endroits qui te sont le plus cher à ton subconscient. Tiens, prend ce ticket fantôme, on embarque tout de suite!
Extraits:
Balcon – viragezero
Rien ne vient – viragezero
Ticket fantôme – viragezero
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Animation: Lola
Chronique: Julián
Réalisation: Stan
Crédit photo: © viragezero
Diffusé le 29 octobre 2026
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