menu Home search
Good Morning VostokMusique

The Strokes: Entre Retour à la Réalité et Autotune

Julian | 29 septembre 2026

En 2001, quatre joyeux lurons tout droit venus de New York et au style vestimentaire immaculé ont débarqué dans nos cœurs… Leur garage rock simple et sans concession, inspiré du son des Velvet Underground et des Television, à retourné la tête de plus d’un, au point d’avoir inspiré un revival du genre au début des années 2000.

Fab Morretti à la batterie, Nickolai Fraiture à la basse, Nick Valensi et Albert Hammond Jr. aux guitares de chaque côté de tes casques où enceintes, et le seul, que dis-je l’unique, Julian Casablancas, avec sa voix de crooner aussi suave que désinvolte… j’ai nommé, The Strokes !

La dernière fois qu’on a entendu ces quatre beaux gosses, c’était avec l’album « The New Abnormal », sorti en 2020, album qui au sortir d’une longue pause les a remis au-devant de la scène. Six ans plus tard, les voilà revenus avec le bien nommé « Reality Awaits ».

Pourquoi le « bien nommé »? Voyons les paroles de plus près. On retrouve des chansons sur les sujets sociétaux chers à Casablancas: l’intelligence artificielle, contre l’impérialisme américain, ou encore, contre le consumérisme.

Les instrus soulignent à merveille le message à faire passer. Pour certains titres comme le morceau d’ouverture « Psycho Shit », elles sont carrément désespérées et apocalyptiques, comme annonciatrice de cet aigle, allégorie de l’Amérique dans les lyrics, qui fondra sur le monde semant mort et désolation.

Tandis que si elles sont, à l’inverse, plus pop et entrainantes, c’est pour souligner une certaine ironie. C’est le cas pour le single « Going Shopping », où le protagoniste souhaite vivre à la campagne pour s’éloigner du consumérisme. Pour au final retourner en ville faire du shopping. Parce que… ça lui manque. Comme il le dit à la fin : « si tu vaux mieux que moi, tu n’as pas à me juger ».

Là où les instrus sont plus tristes, c’est pour les chansons traitant de son récent divorce, traitant de comment il s’est voilé la face avant de réaliser qu’il perdait ses sentiments amoureux pour sa femme, quitte à vivre un mensonge. Comme dans « Falling Out of Love », une ballade amère digne d’un dernier slow de deux amoureux avant leur inéluctable fin. Il y a pas à dire, c’est le genre de morceau qui fait chialer.

Au final, je pense que « Reality Awaits » a pour thème central, le « retour de bâton ». Un retour de bâton, comme celui qui nous attend quant à notre mode de vie consumériste, quant aux conséquences de l’IA, et autres joyeusetés dont on veut trouver une échappatoire. « Plus la réalité empire, moins tu veux en entendre parler » chante Julian.

Mais c’est aussi peut-être un retour de bâton comme celui que ce dernier a voulu exorciser. Celui de l’amoureux qui à perdu ses sentiments. Au final, l’album parle avant tout du « retour à la réalité », des conséquences qui nous attendent tous… Et je trouve ça beau !

Pourtant je n’ai pas été emballé à la première écoute… Pas de panique : le son des Strokes n’a pas perdu son essence, et les sonorités de cet album sont dans la continuité de « The New Abnormal ». Mais mon dieu, quelqu’un aurait dû dire à Julian qu’il se calme un peu sur l’autotune!

D’une certaine manière, j’entends qu’il y a une démarche artistique derrière ça. Sans doute une opposition entre l’humain, et « l’artificiel », qui entre dans la sous-thématique de l’IA. D’autant que Casablancas n’y est, de loin, pas étranger (coucou « Instant Crush » et The Voidz…).

Sauf que là c’est est sur TOUT L’ALBUM. Et vu que l’effet robotise (et donc nullifie) toute émotion dans les paroles, je trouve que ça gâche les morceaux qui auraient bénéficié de la voix de Casablancas dans toute sa puissance, dans tout son émotion, bref, au naturel, chose qu’il sait faire… Après plusieurs écoutes, là ça va mieux. Mais en terme de choix artistiques, soit t’aimes, sois tu détestes.

Pour ma part, une fois que tu fais abstraction de l’autotune, si les morceaux ne sont pas aussi entrainant et fun que l’album précédent, il ne reste qu’on à devant nous un bon album d’un groupe qui n’a plus rien à prouver, et qui à quand même livré une belle œuvre avec des choix forts et un thème qui m’a parlé.

Donc si toi aussi tu as peur de l’IA et de l’avenir dans une société capitaliste, ou si tu veux savoir si réellement tu aimes encore ton ex, la réalité t’attend dans le nouvel album des Strokes, « Reality Awaits »!

Sur ce, je m’en vais, je vais faire du shopping….

Morceaux:
Psycho Shit – The Strokes
Falling Out Of Love – The Strokes
Instant Crush – Daft Punk (feat. Julian Casablancas)
Going Shoping – The Strokes

——————————

Animation: Lola
Chronique: Julián
Technique: Stan
Première diffusion le 24 Septembre 2026
Publié le 29 Septembre 2026

Un contenu à retrouver également sur l'application PlayPodcast

Une publication de Julian


Envie de soutenir un média gratuit,
indépendant et local ?

Rejoins Vostok+


Commentaires

Pas encore de commentaire pour cet article.

Commenter




play_arrow thumb_up thumb_down
hd