Radio Dojo, les arts martiaux comme psychothérapie
La metteure-en-scène Caroline Bernard vient nous parler de « Radio Dojo » à voir au centre Espoir le week-end des 10 et 11 octobre.
En plein cœur du Centre Espoir de Genève, Caroline Bernard et son équipe ont installé un «radio-dojo»: un plateau radio et des tatamis où le corps, la voix et la confiance viennent se libérer par la pratique.
Dans cette performance, Belkacem, le samouraï social, habite le lieu et ouvre cet espace le temps d’une rencontre artistique entre arts martiaux, récits de soi et paroles collectées in situ.
Adolescent, Belkacem perd la vue pendant plusieurs années et apprend alors les arts-martiaux, jusqu’à devenir troisième dan de judo , quatrième dan de jujitsu brésilien, cinquième dan de kosen judo, mais encore neuvième dan de goshin jujitsu. Sa vie balisée de balles perdues, l’amène à travailler avec les sans-abris atteints de troubles psychiques.
Dans l’apprentissage des arts-martiaux, les partenaires prennent tour à tour le rôle de tori et uke. Tori est celui qui exécute l’exercice, qui fait l’action, et uke est celui qui subit l’exercice. Chacun et chacune devenant tour à tour, tori et uke selon un principe d’entraide mutuelle. Il faut être deux pour apprendre les arts-martiaux. Ainsi, dans une société où chaque individu est renvoyé en solo à son mal-être, voire à son diagnostic, Belkacem choisit de transmettre son art aux personnes psychiatrisées afin de les soutenir dans leur rétablissement. Sur le tatami, des duos se forment le temps d’un exercice, les corps se redressent – on respire profondément. On va mieux.
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