Protomartyr : l’Amérique en chambre hantée
Formé à Detroit en 2008, Protomartyr est l’un des groupes post-punk américains les plus respectés de sa génération. Son style : des guitares anguleuses et pleines de réverbération, une rythmique nerveuse, et surtout la voix grave, presque parlée, de son chanteur, qui raconte une ville qui se délite, le temps qui passe et une Amérique qui déraille, avec un humour très noir.
Hotel Usona est leur septième album. Le groupe y imagine son pays comme un vieil hôtel décrépit, peut-être hanté, où chaque chanson est une chambre avec son propre pensionnaire. Plutôt que de scander des slogans, il met en scène le malaise, ce qui rend le disque d’autant plus dérangeant.
Enregistré dans un studio de l’ouest de l’État de New York, l’album élargit la palette du groupe : des guitares plus texturées et plus patientes, des cuivres graves aux airs de cérémonie funèbre, et des influences du Moyen-Orient et de l’exotica des années 50. Austère et sombre, mais étrangement cathartique, c’est l’un de leurs disques les plus ambitieux.
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Chronique: Priya
Animation : Lionel
Réalisation : Chloé
Première diffusion antenne : 14 octobre 2026
Crédit fond photo : Trevor Naud
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