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Les Testaments: retour réussi à Gilead

Sylvia Howard | 6 mai 2026

J’ai découvert que «La Servante écarlate» a une suite. Vous vous souvenez de cette série basée sur une société totalitaire où les femmes fertiles sont forcées de porter les enfants de l’élite? Elle était sortie en 2017 et basée sur un livre publié il y a 40 ans. En 2019, Margaret Atwood en écrit la suite et nous replonge ainsi dans le monde malaisant de Gilead. C’est donc avec anticipation et appréhension que j’ai commencé à regarder «Les Testaments».

Dès la première scène, on retourne à Gilead. Pas dans la maison d’un Commandant mais dans l’école de ses filles désormais adolescentes. On comprend rapidement la hiérarchie: Les filles de commandants sont en haut de la pyramide. Celles qui ont leurs règles, prêtes à être mariées et surtout à faire des enfants: ce sont les vraies élues. C’est là qu’on rencontre Agnès, notre protagoniste principale. La jeune fille parfaite.
Puis tout en bas, nous retrouvons «les Perles». Toujours habillées en blanc, elles ne sont pas nées à Gilead. Ce sont des converties, aussi appelées «impures». Daisy, l’une d’entre elles est assignée à Agnès. Elle doit littéralement rester à ses côtés à chaque instant, histoire d’apprendre comment devenir une vraie «Gileadienne».

Les Perles se retrouvent dans cette école pour observer et devenir des jeunes filles respectables. Les Tantes ont toujours la charge de l’éducation : musique, couture et bonnes manières uniquement, car lire est interdit aux femmes et entraîne la peine de mort.
On suit la vie de ces adolescentes dont l’unique objectif est d’être mariées à un Commandant qui aura le meilleur statut et ne la maltraitera pas. On observe les rituels. Par exemple la «cérémonie du Ball» où les jeunes filles élues sont mises en spectacle pour le plus grand bonheur de leurs futurs maris, des Commandants bien plus âgés. Ils leur donnent discrètement de l’alcool puis elles passent, une par une par la «salle de réunion» où elles se retrouvent face à un écran rempli de prétendants qui les observent silencieusement pendant qu’un autre, sur place, leur pose des questions du type «Comment est-ce que tu peux nous prouver que tu seras l’épouse parfaite?». Bref, le pire Zoom Call de ta vie.

A l’école, on garde les activités classiques mais avec un twist. Tu vois la chorale par exemple? Les filles crient «pêcheur!» à l’unisson, en transe, pendant qu’un jeune homme bâillonné se fait couper le doigt par une scie circulaire. Les excursions scolaires sont aussi sympas, on voit des «traîtres» pendus à travers les fenêtres du bus un peu partout dans la ville. On ne comprend jamais ce qu’a fait le jeune homme ou qu’est-ce qui caractérise une personne de «traître» mais le message est limpide: peu importe la faute, on maintient la peur.
Le patriarcat se porte au mieux : sexisme, soumission, agressions sexuelles et lavage de cerveaux. Agnès doit faire une radio chez le dentiste ? Il profite de lui mettre un tablier de plomb pour lui caresser les seins en lui disant «vous grandissez trop vite!».

Malgré le côté glauque, on reste quand même accroché entre autre grâce à l’esthétisme. On retrouve le côté hyper maîtrisé de la servante écarlate saison 1, où chaque couleur claque à l’écran: Le blanc des Perles dans leurs robes de cocktail ultra stylisées, les élues et leurs jupes de coupes classes et modernes, pensez Jacky Kennedy… les années 50. Bref! Un travail du détail qui donne presque envie d’aller à Gilead pour une mini virée shopping…. mais très rapide.

C’est aussi l’intrigue qui fait qu’on s’accroche. Agnès et Daisy, les deux opposées de la pyramide, sont forcées d’être collées toute la journée et ne savent pas si elles peuvent se faire confiance. Petit à petit on découvre que Daisy n’est pas si impeccable qu’elle le fait paraître et que la révolution existe encore mais pas forcément chez qui on pense.
La relation entre les deux jeunes filles évolue et on sent rapidement qu’elles sont liées pour une raison importante mais on ne sait pas laquelle, et elles non plus. Au fur et à mesure, on comprend que ces adolescentes sont déjà en train de se battre pour leur liberté, sans le savoir.

Au final, ça marche parce que la série a un côté déprimant parce qu’elle reflète une grosse part de la réalité. Mais elle nous donne aussi espoir car les jeunes filles sont plus rebelles qu’elles ne le savent et on sent la résistance affleurer.
Tout est beau, maîtrisé mais profondément malsain. Et pourtant, on reste accroché en attendant désespérément la délivrance de la révolution qui, je l’espère, arrivera au prochain épisode!


Chronique : Sylvia
Animation : Lionel
Réalisation : Antoine
Première diffusion antenne : 4 mai 2026
Crédits photos : Disney+
Publié le 6 mai 2026

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Une publication de Sylvia Howard


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