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Le phallus et le néant : la psychanalyse figée

Radio Vostok | 17 mai 2019

Sophie Robert réalisatrice du « Phallus et le néant » présente son nouveau documentaire qui s’intéresse à la théorie sexuelle orthodoxe freudienne et lacanienne. La réalisatrice a demandé à des psychanalystes reconnus de présenter toute la dimension politiquement incorrecte de la théorie. Un film qui met en lumière la dimension sexiste et figée de la théorie. A l’heure où la psychanalyse est en même temps partout et décriée, ce film polémique propose de faire entendre des psychanalystes et leur discours, un discours qui peut surprendre en 2019.

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Commentaires

This post currently has 2 comments.

  1. POENARU LIVIU

    19 mai 2019 at 14 h 26 min

    La psychanalyse doit certainement faire son bilan critique, autant que la psychiatrie, la gynécologie (les femmes commencent à s’insurger contre les gynécos qui les maltraitent avec des sous-entendus du type « ça fait pas plus mal que lorsque vous avez pris votre pied, hein?), etc. On peut caricaturer tous les métiers.

    Sur le terrain, il existe:
    – des sociétés de psychanalyse (plus centrées sur des cures sur le divan à 3-4 séances par semaine) – les plus contestées, probablement, pour leur approche parfois dogmatique;
    – diverses formes de psychothérapies d’orientation psychanalytique (évaluées dans le monde entier, selon les critères de l’evidence-based research); voir le livre Handbook of Evidence-Based Psychodynamic Psychotherapy, Human Press, 2009;
    – une immense variété de méthodes et de thématiques de recherche interdisciplinaire/transdisciplinaire (au sein des laboratoires universitaires de psychologie clinique et psychopathologie analytique).

    Sophie Robert n’évoque pas, dans Le Phallus et le Néant, cette diversité, ni la neuropsychanalyse (qui, avec Mark Solms et Jaak Panksepp, démontre les intuitions freudiennes avec les résultats de recherche en neurosciences), ni les travaux en développement de l’enfant (à l’intersection de la psychologie, de la psychiatrie, des sciences sociales, des sciences cognitives, etc.) démontrant également la solidité du corpus théorique psychanalytique et sa nécessaire application dans les traitements.

    Et c’est là la malhonnêteté (intellectuelle) de ce film (très barbant): rien n’est dit de la diversité des pratiques et des recherches, pour en faire un amalgame recouvert d’une bonne vieille colère contre une psychanalyse présentée ici de manière caricaturale. Ce qui en fait une tarte de très mauvais goût!

    La psychanalyse est une discipline, en fin de compte, qui a toujours fait l’objet de beaucoup de dissonances cognitives, puisque son principal objectif est de révéler ce qui est refoulé, indicible, inacceptable, contenu par les interdits ou les normes sociales et qui est source de souffrances, de passages à l’acte, d’états émotionnels persistants et délétères dans la vie d’un individu (de plus en plus assailli par la propagande numérique et la culture algorithmique visant le passage à l’acte). Raison de plus pour un retour à une reconnaissance de sa propre vie, de sa propre subjectivité et de son intimité – terrain privilégié de la psychanalyse et, à ma connaissance, la seule discipline possédant les outils pour ce type de travail sur la mémoire et la singularité de l’individu.

    En revanche on n’a pas hésité à utiliser les connaissances psychanalytiques – et ce, notamment avec l’arrivée au pouvoir du nazisme – dans les actions de propagande (gouvernementale, militaire, industrielle, commerciale, publicitaire, etc.) afin de produire des modifications inconscientes, fabriquer un consensus artificiel et des comportements favorisant certains pouvoirs économiques et politiques…

    Merci, Radio Vostok, de prendre position également en faveur de la psychanalyse afin que nous restions en contact avec nous-mêmes et la vie!

  2. Iulia Andrea

    22 mai 2019 at 20 h 33 min

    Je tends à donner raison à LP même si je n’ai vu que des extraits du film. A la base d’une déconstruction systématique récente opérée en histoire et sociologie des sciences (Chaperon, Gardey, Fauvel, etc.), on comprend que l’ensemble de la science médicale (obstétrique, psychiatrie, sexologie comprises) ont transmis et continuent à transmettre une vision de ‘sexe faible’, ‘continent noir’ des femmes. L’hétéronormativité et la passivité des femmes continuent à être enseignées dans les écoles de médecine, dans les cours de clinique, dans les techniques thérapeutiques, etc. Donc, quoi de si particulier avec ces psychanalystes ‘classiques’? On a l’impression que la réalisatrice règle des comptes personnels plutôt qu’elle démontre quelque chose.

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