Le petit chef-d’oeuvre de Daniel Romano
L’album que je vous amène aujourd’hui est un petit chef-d’oeuvre. J’ajoute petit, sans vouloir être péjoratif, car quand on vise la perfection des Beatles ou de Neil Young, mieux vaut ne pas la ramener. Et l’artiste dont je vais vous parler aujourd’hui n’a pas du tout l’intention de devenir une star. Il enregistre dans son coin, puis sort ses chansons en toute discrétion, et pourtant il a 10 fois plus de talent que tous les Julien Clerc de la Terre. J’exagère. Mais il n’y a qu’un seul Daniel Romano.
Daniel Romano, 36 ans, est un chanteur et musicien canadien. Il est aussi poète, tiens tiens tiens, et artiste visuel pour des pochettes d’albums. Daniel Romano est surtout un trésor caché du rock, auteur de magnifiques albums country mélancoliques dans le plus pur style “ma meuf m’a largué, je chiale dans ma bière et le tabouret du bar est ma maison”. C’est le Bob Dylan de l’Ontario, loin de l’agitation et des turpitudes de la ville, loin du music business et des tournées promo. Ce qu’il aime, Daniel, c’est écrire des chansons et en enregistrer des tonnes.
En 2020, il a publié pas moins de 10 albums ! Il faut croire que Daniel faisait partie de ces artistes qui ont eu le bourdon créatif pendant les confinements. Il a sorti énormément de bonnes chansons parmi cette avalanche discographique, uniquement disponibles numériquement sur sa page bandcamp. Mais toute cette profusion était un prélude à la masterpiece absolue, l’album qui réunit à lui seul tout le génie musical de cet artiste obscur et méritant. Et c’est ainsi qu’est apparu, le 30 mars dernier, l’album qu’il vous faut, le fabuleux « Kissing the Foe ».
On devine, en l’écoutant, que Daniel Romano a beaucoup écouté Paul McCartney période Wings, les Travelling Wilburys et Fleetwood Mac. Il y a du swing et du spleen britannique chez le Canadien, dans le choix de ses accords, de ses arrangements, et dans le son de la production, très 70’s. On devine chez Daniel une envie de se promener en salopette avec un chapeau de paille dans la verte campagne au coucher de soleil…
Tu la vois, toi aussi, cette image ? C’est celle qu’on imagine instantanément en écoutant cette suite de 12 chansons, toutes aussi parfaites les unes que les autres. Et accrochez-vous bien : Daniel Romano joue de tous les instruments, à part un piano et les trompettes, et il chante presque toutes les voix. Et en plus, il a mixé tout l’album, qu’il a sorti sur son label You’ve Changed Records.
Daniel Romano sait donc tout faire. Sauf sa promo. Il est l’outsider éternel dont les spécialistes raffolent, le secret le mieux gardé du circuit underground, le bijou rock & folk qu’on se partage quand on veut épater la galerie. Tu connais pas Daniel Romano ? C’est l’artiste le plus intéressant du siècle ! Daniel, il est dans son coin, mais il est surtout dans mes oreilles, depuis longtemps, et avec cet album « Kissing The Foe », il est aussi dans ma vie, je me lève avec lui, je marche avec lui, je mange avec lui. Il est celui dont j’avais envie de parler aujourd’hui, et j’aimerais que vous achetiez son album à 12 dollars canadiens, car je suis certain qu’à vous aussi, il fera beaucoup de bien.
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Chronique : Zebra
Production : Clorinda
Réalisation : Alexandre
Crédit photo : Rosie Cohe
Date de diffusion : 3 mai 2021
Mise en ligne : Valérie
Publié le 5 mai 2021
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