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CinemaÉcransLa Quotidienne

La foi mise à l’épreuve

Orégane | 3 décembre 2024

HERETIC

Scott Becker et Bryan Woods sont de retour au cinéma avec leur thriller d’épouvante « HERETIC ». Encore une fois, le duo de cinéastes américains cherche à nous faire trembler…

Des cris, des pleurs et des incertitudes, c’est ce à quoi vont être confrontées deux jeunes religieuses. Le film met en scène des missionnaires mormones, les sœurs Barnes et Paxton. Elles ont pour mission de répandre la foi dans la société américaine. Elles vont donc de porte en porte, pour prêcher l’Evangile et transmettre la parole de Dieu. Sur leur liste d’adresse à faire, figure le nom de M.Reed, un homme mystérieux vivant dans une maison isolée. Les sœurs se rendent alors chez lui, malgré l’orage qui gronde.

Au premier abord, M.Reed a l’air curieux et sympa. Souriant, il propose aux jeunes filles de rentrer pour se réchauffer un peu et manger de la tarte. Soeur Barnes et Soeur Paxton acceptent naïvement l’invitation, mais elles se retrouvent rapidement prises au piège. M.Reed est en fait un psychopathe fasciné par les religions. Il est obsédée par une question omniprésente : « Quelle est la vraie seule religion ? » Pour y répondre, l’homme entraîne avec lui les deux mormones dans sa quête de spiritualité. Tout se déroule en huis clos, et il y a toujours quelque chose qui empêche les personnages de partir lorsqu’ils en manifestent l’intention. Les religieuses sont coincées, M.Reed a orchestré un véritable escape game. La maison devient un labyrinthe et le psychopathe se lance dans un jeu dangereux. Son objectif, défier la foi des jeunes filles et bouleverser leurs croyances. M.Reed laisse pourtant l’opportunité aux sœurs de partir, pour cela elles ont le choix entre deux portes : la porte « croire » ou « ne pas croire ». Les religieuses doivent trancher : l’Eglise de Dieu est quelque chose ou elle n’est rien.

Les filles n’ont aucune de ce qui se cache derrière les portes, mais elles prennent une décision. Les missionnaires se rendent alors compte que derrière les portes, il y a encore des portes, et toujours plus d’obstacles. Monsieur Reed les enferme dans un véritable cauchemar.

Dès le début, le film se démarque par une tension palpable. On sent qu’il y a un truc qui tourne pas rond. La mise en scène joue sur une montée progressive de l’anxiété, avec des tests physiques et psychologiques imposés aux sœurs. Cette progression vers des scènes plus violentes et plus éprouvantes maintient le spectateur dans un état d’angoisse. D’autant plus que l’essentiel de l’intrigue se déroule dans un environnement oppressant : Les protagonistes sont piégés dans une maison sombre et labyrinthique, avec des couloirs obscurs, des espaces confinés et des lumières dysfonctionnelles. Cette atmosphère claustrophobique est très pesante. Chaque plan semble oppresser autant les personnages que les spectateurs. On peut ressentir l’envie de fuir et le désespoir des jeunes filles.

Sur une échelle de 1 à 10, je dirai que le film fait peur à 4/10. Il ne m’a pas fait trembler … Pour être honnête, la bande-annonce m’a donné plus de frisson que le film lui-même. Je m’attendais à avoir un peu plus de frayeur. Je pense qu’on ne peut pas vraiment le mettre dans la catégorie film d’horreur. Beck et Woods mélangent habilement thriller psychologique et horreur viscérale. Il y a quelques scènes un peu gores, avec du sang et des trucs pas très jolis à voir … Mais ça reste raisonnable, il n’y a pas d’idées trop saugrenues.

Le jeu des acteurs contribue également à l’intensité du film. Sophie Thatcher, dans la peau de sœur Barnes, brille par sa résilience face à l’horreur. Tandis que Chloe East, pour sœur Paxton, incarne une vulnérabilité touchante qui évolue de manière inattendue. Mais c’est Hugh Grant qui vole la vedette : son personnage de sociopathe manipulateur exploite à merveille ses charmes d’ex-romantique de comédie des années 90. Il crée un vrai contraste déstabilisant dans le caractère de M.Reed, qui s’avère malin et vicieux. Il jongle entre son côté bienveillant et son côté machiavélique, afin de mieux manipuler les religieuses.

Si le début repose beaucoup sur des discussions dérangeantes et des réflexions sur la foi. La 2ème partie s’oriente vers un rythme plus physique et brutal, qui s’éloigne de la réalité. J’ai trouvé la fin un peu tirée par les cheveux. Certains critiques reprochent d’ailleurs un dénouement abracadabrant, qui atténue l’impact initial du message.

Au-delà des frissons, Heretic est un film sur les dogmes, qui pose des questions existentielles profondes, comme par exemple :
Pourquoi croyons-nous ce que nous croyons ?
Est-ce que nos croyances ne sont que des illusions ?
Et si notre réalité n’était en fait qu’un rêve artificiel ?
Heretic ce n’est pas juste un thriller d’horreur : c’est une réflexion terrifiante sur la foi, la manipulation et le libre arbitre.

Chronique : Orégane
Animation : Emma
Réalisation : Candice, Noé
Crédits photos : A24
Première diffusion antenne : 26 novembre 2024
Mise en ligne : Orégane
Publié le 3 décembre 2024

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Une publication de Orégane


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