Initiales BB: interview avec Bertrand Burgalat
A la fois musicien, producteur, patron du label Tricatel et du Syndicat national de l’édition phonographique, journaliste et même lanceur d’alerte sanitaire (contre la méconnaissance du diabète), Bertrand Burgalat écrit depuis 30 ans une partition atypique. Initiales BB, premier documentaire consacré à Bertrand Burgalat, retrace un an de la vie de cet homme qui a définitivement refusé de choisir entre toutes ses passions. Pour la sortie VOD de ce documentaire, Radio Vostok reçoit dans la Quotidienne Bertrand Burgalat et Thomas Ducres, initiateur du projet.
« Une anomalie dans le paysage pop français »: c’est ainsi que Thomas Ducres décrit le label fondé par Bertrand Burgalat en 1995. Proche du musicien et fasciné par ses productions depuis le début des années 2000, le co-réalisateur souhaite alors retracer, par un objet filmique, l’histoire de Tricatel. Co-produisant le projet avec Jean-Pierre Montal, les deux hommes ont rapidement convaincu Bertrand Burgalat de les laisser le suivre pendant une année caméra à la main. Au-delà de sa propre mise en avant, Bertrand Burgalat affirme avoir saisi cette chance pour mettre en lumière le travail de toute son équipe et des musiciens.
« Le son Tricatel c’est un état d’esprit et une façon d’aborder la musique » – Bertrand Burgalat
Un label qui continue de s’écrire
En regardant le film, on pourrait s’étonner de l’absence d’images d’archives et de références au passé. Plutôt qu’une histoire, c’est une plongée au cœur de la vie de Bertrand Burgalat et de l’activité de Tricatel qui est donnée à voir au public. Ce choix narratif, Thomas Ducres raconte qu’il part d’une contrainte – celle de ne posséder que peu d’images d’archives – mais que celle-ci s’est rapidement transformée en opportunité: celle de montrer un label dynamique, « parce que l’histoire de Tricatel continue de s’écrire ». Le film contient alors des témoignages face caméra et des tranches de vie: lors du tournage, les caméras tournaient en permanence et Bertrand Burgalat explique qu’il devenait « difficile de ne pas être naturel » et que les images retranscrites dans le film sont très fidèles à la réalité.
Le film montre alors une réalité, mais bien évidemment en ayant l’obligation d’effectuer des choix, puisqu’il est impossible de montrer l’entièreté des activités de Bertrand Burgalat. À ce sujet, Thomas Ducres décrit la frustration inhérente à son projet, qui a également confirmé son envie de ne pas s’attarder sur le passé du label: « quitte à donner un aperçu frustrant, autant montrer quelque chose en action avec l’idée que [le spectateur] va pouvoir creuser lui-même l’histoire de ce label ». Ainsi, le film montre le présent et laisse la découverte du passé au public.

Un rapport à la musique viscéral
« Ce qui me motive, c’est l’admiration »: en parlant de son rapport à la musique, Bertrand Burgalat explique alors l’importance pour lui de l’affect dans sa démarche. Souvent perçu comme une figure allant à contre-courant de l’industrie musicale, l’artiste affirme qu’il ne se reconnaît pas dans « cette industrie qui de tout temps a tendance à toujours mesurer le succès ». Ayant très vite affirmé que les statistiques n’allaient pas influencer sa pratique, le son Tricatel est alors assez particulier. Le label ne cherche en fait pas à avoir un son ou à se spécialiser dans un genre de musique, mais à valoriser « un état d’esprit et une façon d’aborder la musique ». Fonctionnant au coup de cœur, Bertrand Burgalat affirme qu’ « il faut que ça soit viscéral » ; il faut qu’il ait l’envie de se battre pour le morceau et qu’il ressente l’urgence de le sortir. Ainsi, les sorties du label sont nécessairement éclectiques, mais le musicien souligne qu’il ne fait pas de la multiplicité des genres une revendication ou un but, mais qu’il promeut simplement ce qu’il veut entendre, ce qui le touche.
Bertrand Burgalat raconte aborder de la même façon sa production musicale et souligne l’importance « de faire les choses avec le cœur ». Lorsqu’on lui demande s’il a des conseils pour les jeunes musiciens ou musiciennes, celui-ci répond alors que « la musique, il faut que ça soit une joie ». En souriant, il conclut: « c’est toujours probable d’être déçu donc autant le faire pour des choses qu’on aime, parce que même si on se ramasse, on aura fait les choses avec joie ».
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Invités: Betrand Burgalat, Thomas Ducres
Réalisation: Marlon
Animateur: Lionel
Production: Romain
Première diffusion antenne : 21.01.2026
Rédaction web: Clara
Crédits photos: Gonzaï Productions, Initiales BB
Publié le 21 janvier 2026
Modifié le 27 janvier 2026
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