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La QuotidienneMusique

Gorillaz – The Mountain, trop de featuring ?

Adrien | 11 mars 2026

Aujourd’hui c’est pour moi une chronique assez particulière puisque, autant le dire dès le début, je n’ai pas vraiment accroché à ce nouvel album de Gorillaz. Et je me demande même si j’aime encore ce groupe tout court.

Mais est-ce que c’est mauvais pour autant ? Pas forcément.

Gorillaz est un projet musical orchestré par Jamie Hewlett et Damon Albarn, musicien et compositeur britannique également leader du groupe Blur.
Le concept du groupe repose depuis le début sur un groupe fictif composé de personnages de dessins animés, dont l’univers et l’histoire évoluent au fil des albums et des vidéos qui les accompagnent.
Résumer tout le lore serait beaucoup trop long : le projet a commencé en 1998, puis se concrétise en 2001 avec l’album éponyme, dont est issu le célèbre morceau Clint Eastwood. Presque trente ans de carrière, ça fait un sacré bagage.

Personnellement, cela fait déjà quelques albums que je ne reconnais plus vraiment le groupe que j’ai tant écouté étant adolescent.
À l’époque, Demon Days tournait en boucle sur mon petit lecteur MP3. Je ne suis d’ailleurs pas le seul : Feel Good Inc., le tube issu de cet album, a fait le tour du monde et est aujourd’hui devenu un classique de la musique moderne.

Avec The Mountain, on retrouve pourtant certains codes de base du groupe : un style hybride mêlant rock, électro et hip-hop, accompagné de nombreuses collaborations.
On retrouve par exemple des artistes comme Snoop Dogg, De La Soul, Bad Bunny ou encore Omar Souleyman.

Il faut reconnaître que Damon Albarn, avec Gorillaz, est l’un des rares artistes capables de réunir autant de grands noms sur un même disque.
Mais c’est peut-être justement là que se situe le problème.
Quelques collaborations, très bien : cela a toujours fait partie de l’ADN du groupe. Souvent, ces featuring mettaient en valeur un morceau particulier et agissaient comme la cerise sur le gâteau.
Mais The Mountain ne contient quasiment que des collaborations. Et quand il n’y a plus que des cerises… que reste-t-il du gâteau ?

Cela apporte évidemment de la diversité dans les styles musicaux et évite la redondance entre les morceaux. Mais pour moi, cela crée aussi un problème d’identité et de cohérence.
J’ai le sentiment que si l’on fait écouter un titre pris au hasard sur l’album à quelqu’un et qu’on lui demande de deviner l’artiste, il sera très difficile d’identifier Gorillaz.

Alors que quelques notes de Feel Good Inc. suffisent encore aujourd’hui à enflammer n’importe quel blind test.
Les arrangements et la production globale de The Mountain sont impeccables. Mais cette avalanche de collaborations rend l’identité du groupe très floue, et j’ai souvent du mal à reconnaître Gorillaz.
J’ai plutôt l’impression d’entendre une synthèse de ce qui fonctionne actuellement dans la musique, réorchestrée à la manière de Damon Albarn. Ce n’est pas mauvais en soi, mais cela ressemble parfois davantage à une compilation qu’à un album avec une véritable cohérence artistique.

Heureusement, on retrouve tout de même la voix d’Albarn sur certains morceaux, ce qui rappelle ce charme mélancolique si caractéristique du groupe.

Alors, est-ce un mauvais album ? Non.
Est-ce que les morceaux sont mauvais ? Non plus.
Mais est-ce encore vraiment du Gorillaz ? La question reste ouverte.

Au fil du temps, l’identité du groupe semble s’être diluée derrière une manière de produire qui revient depuis plusieurs albums : des instrumentales proches de ce qui fonctionne actuellement et des collaborations avec des artistes tout aussi populaires.

J’ai l’impression que le concept a peu à peu pris le dessus sur la musique, et c’est ce qui me dérange.
J’ai aussi le sentiment qu’aucun titre de The Mountain ne marquera durablement les mémoires. Mais peut-être que l’avenir me donnera tort.

Peut-être aussi que tout cela s’explique à travers le lore des personnages fictifs qui composent l’univers de Gorillaz.
Mais pour moi, l’animation et la fiction devraient rester un bonus, pas le socle qui permet d’identifier leur musique.

Au final, le mieux reste encore de vous faire votre propre avis. L’album est loin d’être mauvais et il y aura sans doute au moins un morceau qui correspondra à ce que vous écoutez en ce moment.

Mais il est aussi possible que, comme moi, vous ayez un peu de mal à reconnaître le groupe que vous avez tant apprécié par le passé.


Chronique : Adrien
Animation : Lionel
Réalisation : Eva et Antoine
Première diffusion antenne : 9 mars 2026
Publié le : 11 mars 2026

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Une publication de Adrien


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