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En Apesanteur

Journal de bord du pavillon #22

Lionel | 24 septembre 2026

Mardi 21 avril, Jour 22
Je m’adapte petit à petit au jetlag entre le pavillon Sicli et les Grottes. Alors non, je suis loin de déjà avoir le mal du pays, et je prends gentiment mes aises dans ce village improvisé en plein cœur des Acacias. Je commence déjà à repérer mes petits spots favoris, et on est toujours éclairé par la bulle du plafond, qui laisse transparaître une lumière sépia ma foi assez chaude.
J’ai refait un petit tour du côté de la Simone Weil-map, cette fois avec un carnet de notes. Alors, c’était juste pour faire genre hein, j’ai rien noté, et j’espère de tout cœur qu’on aura pas d’examen-surprise, sinon je peux sûrement déjà m’inscrire aux rattrapages de cet été.
Elle donne quand même le vertige, cette carte. Des mots, des images, des citations dans tous les sens, qui retracent la vie et la pensée de Simone Weil. J’ai parfois l’impression d’être sur le point de me faire engloutir par une vague de concepts qui se dresse impitoyablement face à moi. Je te l’ai dit hier, mais la Weil-map est affichée sur un gros mur dans le pavillon, et ça lui donne un côté quand même imposant – mais bon, j’imagine que c’était le minimum pour une vie aussi remplie que celle de Simone Weil.
Et en même temps, ce mur dégage aussi quelque chose de reposant. Une fois que t’as passé le cap de voir la grande image – la big picture, comme on dit quand on est un peu anglophone, tu te surprends à laisser errer ton regard entre les mots. Tu peux suivre un chemin tout tracé, ou au contraire faire des grands sauts aléatoires à travers la map. Faut que tu te dises que quelque part sur cette map, tu trouveras forcément une valeur, un concept, une idée qui te correspond.
Mais si t’as la flemme ou si pour toi, la philo, ça te passe au-dessus comme la logique passe au-dessus de la politique française, t’inquiète pas, je te prépare un exposé pour un de ces jours, quelque part, dans l’avenir, peut-être – me juge pas, c’est un gros morceau.
En attendant, il y a toujours entraînement de bagarre au CPSC, et je dois avouer que le son des tibias sur le punching-ball résonne étrangement bien avec les aboiements de teckel lancés par le stand DJ. Ça doit sûrement être les constructions en palettes, ça donne une nouvelle acoustique au lieu. À voir, donc, peut-être qu’à la place d’un exposé, t’auras droit à une symphonie pour chiens et palettes.

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Une publication de Lionel


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