Genève sous les projecteurs : le monde entier dans un cadre
Alors que les jours déclinent, le festival Black Movie prépare sa 27ème édition, du 16 au 25 janvier 2026, comme en témoignent sur les murs de Genève des affiches recyclées se parant d’un noir profond, ouvrant des fenêtres comme autant d’écrans sur le monde. Au programme, une centaine de films indépendants et internationaux qui sondent les éclats et les maux de notre planète. Pour en parler avec nous, on reçoit Maria Watzlawick, directrice artistique et générale du festival et Victor Teta, adjoint à la programmation et responsable du Petit Black Movie, qui nous présentent cette programmation voyageuse et engagée.
Lorsque l’on s’empare du programme du festival, on observe immédiatement la diversité des films présentés et des sections dans lesquels ils sont catégorisés. En effet, le festival compte onze sections, dont Délires orwelliens, Luttes en classe, ou encore Un beau et triste monde. Maria Watzlawick explique alors que « le Black Movie se veut un peu le reflet du monde actuel » et que les cinéastes présentés au festival sont celles et ceux qui « prônent par leurs films une liberté de pensé, l’autodétermination, des engagements politiques ». Elle explique : « On aime que ça soit des films qui dérangent un peu, qui fassent réfléchir, qui troublent ».
Du chaos et de l’espoir
Décrivant un monde déséquilibré et un ordre global remis en question, la directrice du festival explique que la programmation a été effectuée dans le but de montrer les angoisses et les problématiques actuelles, mais aussi de les contrebalancer en présentant des films porteurs d’espoir qui sont beaux, et parfois même drôles. Ainsi, malgré des thématiques sombres comme la montée des totalitarismes abordées notamment dans la section Délires orwelliens, Maria Watzlawick explique que la catégorie Beau et triste monde « parle de ça, que d’un côté c’est le chaos mais que de l’autre, par des gestes individuels de résistance, de résilience, de solidarité, des personnes font renaître la lumière et dévoilent une beauté qui est souvent invisible ». De la même façon, la section Les braves met en avant des individus se battant seul pour leur vision de la justice. Le film tirés de faits réels Deux procureurs, réalisé par Sergei Loznitsa, raconte par exemple le parcours d’un jeune procureur idéaliste en URSS se battant pour les droits d’un prisonnier politique.
Montrant diverses histoires d’élèves résistant à leur assimilation au système, la catégorie Lutte en classes, regroupant des films asiatiques évoluant dans le milieu scolaire, traite également de ces luttes individuelles. Soulignant le rôle de l’école dans la formation des citoyens de demain, le festival met également en place pour cette section une table ronde se nommant « Les écoles, terreaux fertiles de citoyenneté » le lundi 19 janvier à 19h. Faisant écho à l’importance de la désobéissance civile, Victor Teta explique que l’évènement a également pour but de faire le lien entre les films asiatiques de la section et les luttes actuelles suisses. À ce sujet, Maria Watzlawick affirme que la programmation du festival a été sélectionnée avec l’intention de « faire le lien à travers le temps et à travers la planète » : rassembler les discours actuels du monde entier et y rajouter ensuite des films plus anciens apportant un autre regard sur les mêmes thématiques.
Intégrer les enfants
En plus de la programmation pour adultes, le festival a également conçu une sélection de films pour enfants dans la section Petit Black Movie. Regroupant 40 films de 34 pays différents, la catégorie a le même objectif que les autres sections : représenter le monde avec ses problématiques et ses espoirs, mais à hauteur d’enfants, dans le but de les faire réfléchir et ouvrir une discussion avec leurs proches. Ainsi, un des thèmes principaux est celui de l’écologie, notamment avec le long métrage Planètes de Momoko Seto, racontant l’histoire de graines de pissenlit ayant survécu à la destruction de la Terre et devant trouver un nouvel environnement habitable. Évoquant des alternatives au monde réel, Victor Teta affirme que « pour le Petit Black Movie, c’est vraiment l’essence de la programmation de réfléchir à d’autres possibilités ».
Au-delà des films, le Petit Black Movie propose également des ateliers sur le cinéma, en donnant par exemple la possibilité aux enfants de créer des masques et d’explorer l’animation image par image, ou encore de découvrir l’historique du cinéma avec une collection de jouets optiques. Montrer ce qu’est un film, le travail de l’image, du son, du montage : pour Maria Watzlawick, « revenir à la source même d’un plan ou d’une idée d’un film c’est extrêmement important ». La directrice du festival explique également mettre en avant l’importance de la réflexion dans le cinéma, souhaitant insister sur le fait que choisir de montrer un élément est toujours significatif et qu’il y a une vraie responsabilité qui accompagne ces choix. Évoquant l’évolution du cinéma et la facilité actuelle de créer des images, Victor Teta explique également que « montrer comment un film se fait c’est aussi une manière de développer un certain sens critique auprès des jeunes par rapport à cette inondation d’images qu’on a actuellement ».
Ce sens critique, le jeune public pourra d’ailleurs le mettre en pratique en participant au Jury des Enfants. Réunis le mercredi 21 janvier, des enfants entre 7 et 10 ans vont pouvoir juger une sélection de films d’animation, provenant de divers pays et utilisant des techniques différentes, du programme Tour du monde. Et pour cela, toute une formation est mise en place : comme Maria Watzlawick l’explique, « pour juger un film, il faut absolument avoir quelques notions de vocabulaire ». Les enfants sont alors accompagnés pour apprendre certains éléments techniques du cinéma, mais aussi un vocabulaire propre à traduire les émotions que peuvent nous faire ressentir les films. En leur donnant ces outils, Victor Teta affirme que le but est de « permettre aux enfants de juger un film et de valoriser la singularité de leur regard ».
Du 16 au 25 janvier
Ainsi, la 27ème édition du festival Black Movie se déroulera à Genève du 16 au 25 janvier 2026. Pour suivre l’évènement au plus près, Radio Vostok y sera également présente en direct pour la Quotidienne du mardi 20 janvier 2026.
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Invité·es : Maria Watzlawick, Victor Teta
Réalisation : Marlon
Animateur : Lionel
Production : Sonia
Première diffusion antenne : 7.01.2026
Rédaction web : Clara Dietrich
Crédit photo vignette : Orwell: 2+2=5 – DR
Crédit photo fond : Belen – DR
Publié le 8 janvier 2026
Modifié le 9 janvier 2026
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