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La QuotidienneMusique

Théa – Comète: Une fin du monde entre teen movie et hyperpop

Lionel | 19 mars 2025

-Fun fact: Une comète célèbre, la comète de Halley, a effectivement été associée à la fin du monde, alors qu’elle passe régulièrement vers l’orbite de la Terre. Un scientifique avait fait quelques pronostics éclatés, et ça a créé un mouvement de panique en France en 1910.
On peut se demander pourquoi je me prends pour le youtubeur Nota Bene. Eh bien, le nouvel EP de Théa s’appelle ‘’Comète’’. Comme quoi ça aura pris du temps pour une intro, mais y a une logique dans ce que je raconte.
Sorti le vendredi 14 mars, ‘’Comète’’ nous rappelle pourquoi Théa a un agenda plus chargé qu’un client de PMU à midi, en tant qu’ambassadrice de l’hyperpop. L’EP contient 5 titres bien énergiques, qui traduisent tous, dans un sens, un sentiment de fin du monde, ou en tout cas une peur de la fin de quelque chose.
C’était le morceau ‘’LHPTL’’, qui est bien sûr l’acronyme de ‘’Les Haters Partiront Toujours Loin’’ – non, c’est faux, c’est ‘’l’hôpital’’ mais sans les voyelles. On devine que ça parle de la peur de perdre une personne chère, avec la phrase ‘’j’veux plus jamais te voir à l’hôpital’’. Les paroles de Théa, quand on connaît un peu l’artiste, elles sont loin de flirter avec les arcs-en-ciel et les paillettes – après, bon, j’ai écouté du Linkin Park pendant une bonne partie de mon adolescence, donc qui suis-je pour juger?
Drogue, mal-être, intolérance des réacs, Théa aborde beaucoup de thèmes sombres, comme pour traduire le malaise d’une époque où tous les signes, comme une comète, pointent vers une rupture de la société – c’était le petit instant où ça dénonce. Les paroles sont franches et droit au but, et elles sont soutenues par la composition des morceaux. Celle-ci est énergique, voire festive, mais couplée aux paroles, elle prend une tournure tantôt cynique, tantôt optimiste. En gros, on est foutu-e-s aussi bien au niveau de la société qu’individuellement, mais c’est pas ça qui va effacer notre sourire.

-Une composition qui n’est pas sans nous ramener à l’époque des teen movies un peu dark.

-Théa mélange la modernité et l’énergie de l’hyperpop avec les sonorités intemporelles du pop-rock de 2005. C’est notamment quelque chose qui se remarque dans les lignes de guitare. Chaque fois que j’entends ce fameux riff de ‘’Allô? C Moi’’, je me retrouve 15 ans en arrière, avec mes jeans troués et ma frange approximative, au milieu d’un skate-park, en train de me demander pourquoi ma crush ne me calcule pas. Et pourtant, malgré ce crochet par l’âge d’or d’Avril Lavigne et de Daniel Powter (celui qui a écrit ‘’Bad Day’’), le style de Théa se rapproche de plus en plus du style de Théa. Par là, je veux dire qu’on sent que l’artiste sculpte sa musique pour que ce soit quelque chose de reconnaissable et d’unique.
Musicalement, l’album suit une évolution bien précise, et les morceaux réduisent progressivement le rythme haletant de l’hyperpop et ses 300 bpm, tout en mettant un peu plus en avant des instruments comme la batterie acoustique ou la guitare, même si tous les morceaux gardent la même énergie.

-Et on a même des choeurs!

-Si on fouille un peu dans les réseaux sociaux de Théa, elle nous explique que parfois t’as juste besoin de rassembler quelques potes qui chantent comme dans un stade. ‘’Qui fera taire les kidz fucked up??’’, le refrain scandé tout au long du morceau éponyme, ressemble à l’hymne d’une génération. Oui, ça fait sociologue à la retraite de dire ça, mais quand mes potes les dinosaures étaient encore là, ça existait pas l’hyperpop.
Tous les morceaux ont ce genre de patate. Là on se prend vraiment le mur de son dans la tronche, et ça nous essouffle même quand on est posé-e sur l’ordi. Je me penche rarement sur les paroles d’un morceau, mais Théa a toujours des textes crus et parfois un peu glauques. Ça transmet parfaitement cette colère et cette sensation d’être perdu-e dans une société qui ne colle plus vraiment à nos valeurs. Et même si on peut parfois regretter des structures de morceaux assez simples, voire simplistes, ça permet de se concentrer sur l’énergie et les paroles. Pour avoir vu Théa en live, je trouve juste dommage qu’elle ne laisse pas un peu plus de place à ses musiciens dans ses albums, parce qu’elle est accompagnée par de sacrées brutes sur scène.

-D’ailleurs, t’étais arrivé à la bourre à ce concert dont tu parles, non?

-Oui, parce que j’avais un truc à faire, et les tpg, et voilà, j’aurais pas dû tirer autant de plans sur la comète…

-Bon bah par esprit de revanche, on s’écoute le morceau que t’as loupé ce soir-là. T’aurais dû cavaler plus vite, Lionel!

Chronique : Lionel
Animation : Emma
Réalisation : Christian, Laure
Première diffusion antenne : 17 mars 2025
Crédits photos: Olivia Schenker
Publié le 19 mars 2025

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Une publication de Lionel


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