menu Home search
ÉcransGeekLa Quotidienne

Trois cozy games pour adoucir l’hiver

Jérémie | 6 janvier 2026

Les fêtes sont derrière nous.
Les playlists de Noël ont disparu – bon vent Mariah Carey.
Les estomacs commencent à pardonner.
Qu’est-ce qu’il nous reste Jérémie ?

Tout ce qu’il nous reste, c’est l’hiver.
Le vrai. Le rude.

Le froid qui pique.
Le ciel couleur imprimante fatiguée.
L’espoir d’un printemps qui promet… mais qui n’arrive jamais.

C’est la saison idéale pour lever le pied.
Ralentir le rythme.
Et chercher un peu de réconfort.

Pas dans une série Netflix.
Surtout pas dans les infos.
Mais dans le jeu vidéo.

Aujourd’hui, je vous propose trois cozy games.
Trois jeux réconfortants.
À savourer tranquillement, sous un plaid, bien au chaud.

On commence par A Short Hike.
Développé par le canadien Adam Robinson-Yu et sorti en 2019.

On y incarne Claire, un petit oiseau à la silhouette anthropomorphique – aux traits humains.
On est parti en vacances sur une île dépourvue de réseau téléphonique. Et on attend un appel important.
Pour capter, on se lance dans l’ascension de la montagne qui domine en son centre.

On marche sur des sentiers.
On plane dans les airs.
On grimpe.

Au cours de l’aventure, on rencontre divers personnages.
Jon le ranger, représenté sous les traits d’un bouc. Assis nonchalamment sur un rondin de bois près d’une cabane. Chapeau vissé sur la tête.
Sue le lapin, l’air complètement stressée, dans son mignon t-shirt violet.
Ou encore Bill le morse, la force tranquille, pêchant patiemment du haut de son ponton.

Ces rencontres nous donnent l’occasion d’accomplir des tâches afin d’obtenir des récompenses.
Retrouver un élastique à cheveux contre une paire de baskets qui vont nous permettre de courir plus vite.
Ramasser des coquillages afin d’obtenir des plumes dorées, augmentant l’endurance de Claire, notamment lors des phases d’escalade.
Ou encore apprendre à pêcher pour troquer les poissons capturés contre de l’argent, servant à l’achat de divers objets.

Mais le vrai plaisir est ailleurs.

On entend le vent, les pas, la nature.
On découvre l’île, on explore tous ses recoins.
De la plage du début, minuscule banc de sable jaune au milieu des rochers, on arrive rapidement dans les montagnes rocheuses et ses forêts rouge-orangé,
rappelant certains paysages d’Amérique du Nord.
Une sorte de mini Canada condensé sur une seule île.

Les couleurs sont chatoyantes, dans les teintes automnales
et le rendu graphique, tout en gros pixels,
pose un style rétro, hommage aux jeux vidéo du début des années 2000.

L’expérience est courte.
Calme.
Sans stress.

A Short Hike, c’est une randonnée interactive qui vous dit :
«Prenez votre temps.»

Lors de mes différentes sessions, je prenais tellement plaisir à flâner que j’en suis venu à oublier l’objectif principal: capter ce foutu réseau.
Et c’est peut-être le message à retenir de cette aventure:
Savoir décrocher, et se laisser embarquer dans la nature, au fil de nos rencontres et
de nos découvertes.

L’expérience est courte. Elle vous occupera quelques heures avant d’atteindre
le bout de l’aventure.
A vous de voir si vous voulez sprinter jusqu’en haut de la montagne,
ou si vous préférez découvrir les secrets que cette île vous réserve.
Personnellement, j’ai opté pour la seconde option.

[Relance]
Et une fois la randonnée terminée, à quoi on joue ?

Autre jeu, autre ambiance.
Après la balade, on enlève ses chaussures.
On ferme la porte.
Et on s’installe dans son nouveau chez soi.

C’est ce que nous propose Unpacking,
développé par le studio australien Witch Beam et sorti en 2021.

Ici, pas d’exploration…mais de l’intimité.

Le principe est simple.
Chaque niveau est composé d’une habitation vide et de quelques cartons.
Vous déballez vos affaires.
Et vous rangez. Tout simplement.

La profondeur réside non pas dans les boîtes ouvertes les unes après les autres,
mais dans les événements de vie que l’on va traverser.

De la chambre d’enfant à la chambre d’ado.
De l’émancipation en quittant la maison familiale pour un premier studio,
à la rencontre amoureuse, suggérée par un emménagement en couple.
Les cartons s’ouvrent et s’enchaînent, marquant les années qui passent.

Les objets racontent toujours quelque chose.

Un âge. Lorsque l’on pose son doudou dans son lit à étage.
Une relation. Lorsque l’on se retrouve à caser ses affaires tant bien que mal parmi celles d’une autre personne déjà présente.
Une rupture. Lorsque ces dites affaires se retrouvent à nouveau dans le petit studio.
Comme un retour à la case départ.

Sans aucun dialogue, le jeu construit une histoire intime.
Par le placement des objets.
Par ceux qu’on garde. Et ceux que l’on ne retrouve plus au fil des déménagements.
Laissé derrière malgré nous, comme un lointain souvenir. Marqueurs d’une évolution.
Le doudou. La console de jeu vidéo. Les photos de couple.

Unpacking transforme le rangement en moment de calme
et parfois en petite claque émotionnelle.

J’ai en tête le moment où l’on emménage chez notre partenaire.
Plusieurs de nos effets personnels n’ont littéralement plus de place dans le nouveau logement.

Notre diplôme, qui trônait fièrement au mur de notre précédant studio, finit sous le lit.
Certains objets restent confinés dans des cartons ou des tiroirs secondaires.

Au final, l’espace reflète surtout la vie et les goûts de l’autre.
Sans un mot, le jeu raconte l’effacement de soi dans une relation.
Et quand celle-ci s’arrête, retrouver un espace à soi devient un immense soulagement.

J’ai un coup de coeur pour Unpacking, car il a su, par une simple mécanique de rangement d’objets, raconter toute une histoire de vie.
J’y ai retrouvé des moments vécus par le passé.
Des objets du quotidien que j’ai pu avoir dans ma chambre d’ado,
et qui m’ont fait dire: « Tiens, mais je l’avais aussi cette console, au fait, elle a fini où ? »

Tout ça sur un fond musical des plus cozy, titillant ma satisfaction à chaque objets parfaitement posés, me laissant échapper régulièrement des: « Aaah, là c’est bien rangé. »
Probable déformation professionnelle liée à mon job de graphiste.

[Relance]
Et quand tout est à sa place, bien rangé, il reste une chose à faire:
Lâcher complètement prise.

Rien de mieux qu’une session sur Katamari Damacy.
Développé par Namco, le jeu est sorti initialement en 2004.

On y incarne le prince, un petit être stylisé avec un corps vert,
de longues jambes violettes et une tête en forme de pilule.

Notre mission: reconstruire les étoiles, détruites par inadvertance par notre père,
le Roi de tout le cosmos, lors d’une nuit de débauche alcoolisée.
Un scénario prétexte qui laisse place assez rapidement au jeu.

Sous les ordres de ce monarque absurde et autoritaire, on enchaîne les niveaux représentant différentes scènes du Japon contemporain.

Toujours en roulant Le Katamari. Une petite boule adhésive
où tout se colle :

Une chaussure.
Un chat.
Un immeuble.

Jusqu’à créer une masse de foutoir suffisamment grande pour former une nouvelle étoile.

La caméra est placée derrière le personnage, nous permettant d’évoluer dans des environnements 3D, jouant sur différentes échelles.
On a parfois la taille d’un insecte, évoluant dans une pièce de maison,
ou la taille d’un être humain standard, parcourant les ruelles d’une petite ville.

Le tout sur une musique pop complètement déjantée et catchy.
Samba, jazz, électro. La bande-son tire ses influences de plusieurs genres musicaux.
Avec des morceaux parfois instrumentaux, parfois chantés par des artistes de pop japonaises.
C’est coloré, à l’aspect cartoon et minimaliste.
Un univers étrange tout droit sorti d’un rêve sous 40 de fièvre.

Et c’est incroyablement joyeux.
Katamari Damacy, c’est du réconfort par le non-sens.

[Relance]
A short hike, Unpacking, Katamari Damacy. Une belle sélection d’expériences variées.


Trois jeux différents.
Dans leur style.
Dans leur ton.
Dans leur univers.

Mais qui ont un point commun :
Ils vous feront du bien.
Par leurs environnements colorés, leurs ambiances sonores, leur légèreté.
C’est court, c’est pas prise de tête, c’est souvent touchant.

Parfois, pour traverser janvier,
il suffit d’un plaid…et d’un bon jeu réconfortant.

—–
Animateur : Lionel
Chroniqueur : Jérémie
Réalisateurs : Marlon
Date de publication : 05.01.2026

Un contenu à retrouver également sur l'application PlayPodcast

Une publication de Jérémie


Envie de soutenir un média gratuit,
indépendant et local ?

Rejoins Vostok+


Commentaires

Pas encore de commentaire pour cet article.

Commenter




play_arrow thumb_up thumb_down
hd