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K-dramas: l’addiction romantique venue de Corée du Sud

Judith | 19 février 2026

Aujourd’hui, je ne viens pas vous parler d’une série, mais d’une addiction dont je n’ai pas très envie de me soigner. On a tous et toutes nos péchés mignons. Il y en a qui se gavent discrètement de chocolat, d’autres qui collectionnent des t-shirts de groupes de musique. Pour moi, ce sont les dramas coréens. Communément appelés K-dramas, il y en a de tous les genres, du thriller au drame historique. Mais ce qui m’intéresse, ce sont bien sûr les plus populaires, les romances. La Reine des larmes, Secret de mon cœur ou Comment traduire cet amour? ne sont que quelques-uns des nombreux titres à l’eau de rose disponibles sur les plateformes de streaming qui feront chavirer vos petits cœurs d’artichauts.

Toi aussi, tu manges des bibimbap à tout va et tu te tartines des produits à base de bave d’escargot sur le visage? Comme tout le monde, tu succombes à la Hallyu, cette vague coréenne qui déferle sur l’Occident depuis déjà plusieurs années.

En 2023, Netflix a d’ailleurs annoncé un investissement de 2,5 milliards de dollars durant les 4 années à venir sur les K-dramas. Autant dire qu’on n’est pas près de s’arrêter

Mais quels sont les codes narratifs qui nous rendent à ce point accro? Pour commencer, exit le coup de foudre de surface. Dans les K-dramas, on cherche l’amour, le vrai, celui qui va durer. On prend donc bien le temps de se connaître. Ne pensez pas que ce sera une série regardée vite fait entre deux pauses dej, car les futurs tourtereaux ne risquent pas de se frôler la main avant de nombreux épisodes. Épisodes qui durent en moyenne une heure. Souvent construits sur le schéma enemies to lovers, les protagonistes, qui ne s’apprécient pas au départ, prennent des mois à découvrir que la personne qu’ils passent leur temps à fuir est en fait celle qu’ils aiment.

C’est par ailleurs beaucoup plus loufoque que ce qu’on a l’habitude de regarder. Les jeux d’acteurs sont très expressifs, et les personnages secondaires ont souvent des personnalités bien marquées, surexcitées, susceptibles ou parfois ringardes.
Les situations sont parfois complètement tirées par les cheveux. Dans Comment traduire cet amour?, une femme tombe dans le coma après un accident et quand elle se réveille, elle est devenue… une star mondiale. Ça n’a aucun sens, mais on accepte avec joie et sans se poser de question.

Ces séries font aussi du bien car elles réenchantent le lien social. C’est sympa d’être collé à son écran 4h par jour, mais essayez d’interagir avec des humains, c’est mieux. Les K-dramas proposent des récits dans lesquels l’amitié, l’amour, les liens familiaux et professionnels permettent de s’épanouir et de surmonter les épreuves de la vie. Par exemple, dans Hometown Cha-Cha-Cha, on suit une dentiste superficielle et carriériste qui débarque dans un village au bord de la mer. Ses voisins sont envahissants, ils se mêlent de tout et sont insupportables… mais ils sont là. C’est le rapport aux autres qui soigne les personnages.

C’est hyper rassurant parce qu’on a la promesse du happy end, tout en étant maintenu par un petit suspense de fond qui tourne, la plupart du temps, autour du lourd passé de l’un des personnages principaux.

Les créations sont très soignées sur le plan esthétique, avec des images lumineuses. N’oublions pas que la Corée du Sud, c’est aussi la culture du « glow » et de la beauté. À tel point que les acteurs et les actrices brillent plus que les trois médailles d’or décrochées hier par la Suisse aux JO.
Le côté kitsch est totalement assumé, avec des ralentis exagérés et des paillettes qui tombent du ciel. Mais la démarche est tellement honnête que tu y plonges sans hésitation.

Nous, on regarde ça comme plaisir coupable et avec un regard léger. Mais en réalité, visionner des K-dramas est un privilège.
Il y a quelques jours, Radio France relayait les résultats d’une enquête d’Amnesty rappelant que, en Corée du Nord, le simple fait de regarder des séries sud-coréennes peut être passible de la peine de mort. Alors continuons donc à en regarder plein, jusqu’à ce que Kim Jong-un lui-même finisse par céder et se lance dans Love Next Door. Il en a bien besoin.

À l’approche de la Saint-Valentin, j’ai un conseil. Au lieu de rappeler ton ex toxique samedi, choisis un K-drama. Lui, au moins, il s’engagera au minimum pour 16 épisodes.


Chronique : Judith
Animation : Lionel
Réalisation : Noé
Première diffusion antenne : 10 février 2026
Crédits photos : Netflix
Publié le 19 février 2026

Un contenu à retrouver également sur l'application PlayPodcast

Une publication de Judith


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