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Home for Christmas, l’antidote aux téléfilms de Noël

Judith | 10 janvier 2026

Allergiques aux téléfilms de Noël à petit budget avec de la neige en silex et un jeu d’acteur moins bon que celui de votre neveu de 5 ans? Home for Christmas pourrait vous séduire. Moi aussi, j’en ai marre de ces histoires d’amour téléphonées et du côté très conservateur des romcom de Noël.
Mais cette série, qui vient de sortir sa troisième saison, s’amuse à détourner ces codes en y apportant des touches modernes, tout en gardant la magie qu’on attend d’un tel programme. Premier détail qui fait la différence: il s’agit d’une production norvégienne. Et la Norvège, ça touche la Laponie, le pays du père Noël. Niveau crédibilité, on part déjà bien.

Là où la série est vraiment intéressante, c’est dans les réflexions qu’elle propose autour des injonctions faites aux femmes. On y suit Johanne, une infirmière dans la trentaine qui s’apprête à passer Noël en famille. Contrairement à la plupart de ses proches, elle n’a ni enfant ni compagnon, et redoute déjà les reproches autour de la table du réveillon. A la suite d’une énième remarque de sa mère, Johanne se lance un défi: trouver un partenaire avant le 24 décembre. Des épisodes d’une trentaine de minutes, le genre de format qu’on enchaîne facilement, un soir de décembre.

Dites-vous que Home for Christmas a rencontré un tel succès que Netflix s’est auto-plagié pour créer, en 2022, Odio il Natale, l’équivalent italien.

Mais contrairement à ce qu’on pourrait attendre, notre héroïne ne tombe pas sur un grand brun ténébreux qui renverse son vin chaud sous une branche de gui. Au contraire. C’est la galère, sinon on n’en serait pas à la troisième saison. Elle enchaîne les dates et vit tout un tas de situations terriblement gênantes, cocasses, voire franchement agaçantes pour elle. Elle expérimente le speed dating, se rend au sauna nudiste avec un homme politique, s’étonne à se prendre d’affection pour un jeune fêtard de dix ans de moins, se questionne sur son attirance envers sa collègue, tente le ski de fond avec un homme ultra égocentrique… Bref, le monde des rencontres n’a rien de facile. Ni même parfois rien de romantique.
De quoi bien déconstruire l’idée du coup de foudre au premier regard.

Sa quête amoureuse n’est pas le seul moteur de l’histoire. Johanne en est bien le rôle central et on suit avant tout son cheminement de pensées, ses envies et ses frustrations. La série interroge notre rapport au célibat, à la norme du couple, et l’obsession bourgeoise de cocher certaines cases. Se mettre avec quelqu’un, faire des enfants, et surtout, rentrer dans le rang.
Johanne est par ailleurs entourée de personnages bien écrits, qui vivent eux aussi leurs tracas en essayant tant bien que mal de répondre aux attentes désuètes et inatteignables d’une société traditionnaliste.
Ses parents, moins sages que ce qu’elle pensait; sa meilleure amie, pas si heureuse derrière l’image de famille parfaite; sa colocataire excentrique Jørgunn, toujours optimiste malgré le sentiment de ne jamais vraiment trouver sa place. Même ses patients, qui lui prodiguent des conseils parfois farfelus. Car contrairement à ce que les clichés nous rabâchent, il y a une différence entre être seul et se sentir seul.

Le ton de cette série est léger et drôle, avec des moments plus tendres ou tristes mais toujours assez justes. Tout à fait ce qu’on a besoin de regarder en se blottissant sous notre plaid. L’ambiance est extrêmement réconfortante. On est dans un petit village norvégien, rempli de cabanes et de lanternes, où Johanne se déplace en traîneau. À l’intérieur, tout est décoré à la manière scandinave: des lumières chaudes, beaucoup de bois, et évidemment de jolis pulls tricotés.

Le récit met l’accent sur la bienveillance et la communication, sans sombrer dans une forme de mièvrerie qu’on retrouve souvent dans les films de Noël. Et elle donne aussi à voir des histoires d’amour entre des personnes plus âgées, encore assez rares dans ce genre de création. Même si j’ai adoré, Home for Christmas n’est pas sans aucun défaut. C’est notamment encore un peu timide en terme de diversité et de représentation LGBT. Ça reste une grosse production Netflix. Mais pour un genre qui part de loin, c’est déjà un pas dans la bonne direction.

À regarder entre deux parts de mandarines quand on a envie de se plonger dans la magie de Noël tout en gardant son petit esprit critique. Et pour celles et ceux qui n’aimeraient quand même pas… Promis, je vous prépare du lourd pour l’année prochaine.


Chronique : Judith
Animation : Lionel
Réalisation : Noé
Crédit photos : Netflix
Première diffusion antenne : 16 décembre 2025
Publié le 10 janvier 2025

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Une publication de Judith


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