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A Knight of the Seven Kingdoms, Dunk et Egg contre le monde

Judith | 18 février 2026

J’aime quand ça patauge dans la boue, que ça trinque dans des tavernes sombres et que ça joue de la vièle à plein tube. Non, je ne vous parle pas des médiévales d’Andilly, mais bien de la dernière série HBO, A Knight of the Seven Kingdoms. Si cette simple évocation sonne douce à vos oreilles, c’est sans doute que, comme moi, vous êtes tombés dans la potion magique de Game of Thrones, il y a 15 ans. Préquel de la saga culte, notre histoire se déroule 72 ans après House of the Dragons, et 90 ans avant les évènements de Game of Thrones. Un énième dérivé de cette machine à succès, il y a de quoi craindre une certaine lassitude. Eh bien pas du tout. Car cette fois, moins de dragons, mais plus de rigolades.

Dès les deux premières minutes, le ton est donné. Fini la grande noblesse, nous voilà bien chez les gueux. Après la mort de son maître, Dunk, simple écuyer, s’auto-adoube chevalier dans le plus grand des calmes et s’empare de son maigre héritage: une épée, un bouclier et trois chevaux. Dunk, qui se rebaptise par la suite Ser Duncan le Grand, c’est un immense gaillard de plus de 2 mètres, costaud mais empoté, dont tout le monde se moque. Sans domicile et sans un sou, il erre à travers le royaume et passe ses nuits à la belle étoile. Afin de devenir un chevalier reconnu et respecté, il se rend au tournoi d’Ashford. Son but? Gagner les joutes pour qu’une grande maison l’emploie et lui mette un toit sur la tête. Sur son chemin, il fait la rencontre d’un jeune garçon orphelin, surnommé Egg (Œuf) à cause de son crâne chauve. La suite, vous la devinez: Egg supplie Dunk de l’accompagner au tournoi pour devenir son écuyer. Une belle histoire d’amitié commence, et qui rappellera aux plus nostalgiques celle d’Arya et du Limier.

Il y a des références constantes à Game of Thrones, la série étant d’ailleurs créée par George R. R. Martin en personne et tirée d’un ensemble de romans courts qu’il a écrit. On se trouve à Westeros et le trône est occupé par la famille Targaryen, qui reste fidèle à elle-même. Toujours aussi blonde, mais surtout toujours cruelle et problématique. En revanche, la série tranche radicalement avec le ton du premier préquel, House of the Dragons où tout le monde était fâché et dans lequel tout tendait plutôt vers l’excès: plus de guerres, plus de dragons, plus de drames.

A Knight of the Seven Kingdoms prend le contre-pied et joue la carte du plus petit. Moins de grand spectacle, d’abord, avec un format ramassé de six épisodes d’une trentaine de minutes. Moins de personnages aussi puisqu’on se concentre presque exclusivement sur deux figures.
Le monde modeste de Dunk ressemble à un tableau de Brueghel l’Ancien et se compose de forgerons, de marionnettistes et d’aubergistes. Toutes ces petites vies du Moyen Âge que l’Histoire a oubliées.
Et surtout on se prend enfin moins au sérieux. Parce que chez les riches du trône de fer, on a visiblement plus de facilité à épouser son frère qu’à se marrer. Avec Dunk, il est souvent question de maladresse, la mort se tourne en ridicule et on ne lésine pas sur les excréments. La série s’amuse avec des micro flash-backs très drôles, et des personnages secondaires complètement à côté de la plaque comme Ser Lyonel, un chevalier toujours ivre et dépourvu de charisme, qui fait des discours sans queue ni tête.

Si l’ensemble est teinté d’humour, les deux personnages sont véritablement attachants. J’ai souvent senti mon petit cœur se serrer face à la solitude de Dunk et aux moqueries qu’il encaisse. Et impossible de ne pas être touché par Egg, qui place toute sa confiance en lui, comme s’il avait enfin trouvé une figure paternelle. C’est une épopée modeste, celle de ceux qui peinent à trouver leur place.

Il y a aussi une vraie tension narrative. L’approche du tournoi fait monter la pression et apporte son lot de tourments à nos deux compagnons, qui risquent tout (y compris leur vie) si Dunk échoue. D’autant plus qu’il doit affronter les plus grands, alors que lui-même doute constamment de ses capacités. Il y a donc un potentiel dramatique assez élevé, avec certaines scènes bien sanglantes.
Pour l’instant, seulement trois épisodes sont sortis sur la plateforme HBO Max, qui en diffuse un nouveau chaque lundi.
Le dernier s’est d’ailleurs achevé sur une énorme révélation… Autant vous dire que l’hydromel est déjà au frais pour lundi prochain.


Chronique : Judith
Animation : Lionel
Réalisation : Marlon
Première diffusion antenne : 3 février 2026
Mise en ligne : Valérie
Crédits photos : HBO Max
Publié le 18 février 2026

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Une publication de Judith


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