Dééfait : plus grand, plus fort, toujours plus bizarre
Quand je ne viens pas avec de la musique bruyante, je viens avec de la musique chelou ! Le métal ce sera jeudi soir après la Vostok Session, avec une petite sélection interdite en matinale, en direct et en public.
Mais revenons à Dééfait. Il s’agit bien de Français, mais ils sont Parisiens et non Bretons. Dééfait, avec deux « éé », je vous en avais déjà parlé, et ils reviennent avec un album que j’attendais énormément. L’EP était déjà très convaincant alors laissez-moi vous dire que j’étais comme un gamin à l’écoute de l’album.
Dééfait, c’est complètement barré, c’est du rock progressif et psychédélique, avec une voix qui scande des textes en français, anglais et espagnol en même temps, le tout mélangé à des boucles d’instruments hypnotiques et un univers sombre. Leur musique, c’est un peu comme un rêve chelou ou Alice au pays des merveilles, qui est d’ailleurs un rêve chelou.
La différence avec l’EP, c’est surtout l’ampleur : Dééfait revient plus grand et plus fort. Le son est plus large et plus précis, la voix est toujours aussi bizarre mais accrocheuse. La meilleure qualité d’enregistrement permet des atmosphères plus poussées et moins compactes.
C’est un groupe avec une identité hyper forte, leur musique est novatrice et sans compromis, et les place parmi les incontournables du moment. Oui, leur univers est sombre et bizarre, mais sur cet album il y a aussi des moments plus aériens et plus propices à la contemplation. Il y a définitivement une vibe à la Von Wisem et sa B.O. du film Only Lovers Left Alive.
De quoi ne plus trop savoir si on est réveillé. Moi j’appellerais ça de l’« Oniric Core » ou de la « Oniric Wave », Emma je te laisserai trancher.
La formule de Dééfait reste la même : nappes de synthé, boucle de guitare, lignes de basse/batterie qui tuent, et Ric Lara, le chanteur, qui déroule ses paroles mystiques. En gros, c’est l’EP en mieux produit.
Leur formule magique a beau être bien huilée, si quelqu’un d’autre s’en emparait, cela ne donnerait pas du tout le même résultat. C’est ça qui est fort avec Dééfait : c’est leur univers et leur identité radicale qui produisent un charme qui fonctionne de façon étrange, mais qui fonctionne tout de même.
Ce n’est pas spécialement un défaut, mais faut le savoir, et écouter les deux à la suite passe d’ailleurs très bien. Il y a une belle continuité d’univers.
J’ai hâte de voir la suite de leur carrière parce que c’est prometteur, même si très bizarre, je le reconnais. Il faut aimer l’originalité et être prêt à tenter l’expérience, mais si vous voulez du rock novateur et underground, cet album est fait pour vous.
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Chronique : Adrien
Animation : Lola
Réalisation : Stan
Première diffusion antenne :
Publié le :
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