menu Home search
ÉcransLa QuotidienneSéries

Mes morts tristes : Décédés, mais pas discrets

Sylvia | 7 octobre 2026

Moi qui pensais regarder un bon thriller psychologique, j’étais complètement à côté de la plaque. Vous savez que j’adore les séries sombres, voire un peu glauques, mais là… même pour moi, c’était too much!

J’avais surtout retenu le synopsis : une femme qui voit les morts et dont la vie bascule à l’arrivée de sa nièce.
Je m’imaginais déjà une sorte d’enquête avec des esprits qui l’aident à résoudre des crimes. Eh bien… rien à voir.

On suit Emma, une ancienne directrice d’hôpital en Argentine, poussée vers une retraite anticipée sur fond de rumeurs selon lesquelles elle aurait provoqué la mort de patients pendant le Covid.

Depuis toute petite, Emma peut aussi voir les morts et communiquer avec eux.

Et le ton est donné dès la première scène : une chambre sale, encombrée de matériel médical. Dans un lit, une vieille dame agonise en tenant la main d’Emma, qui fixe le vide, impassible. Pas de musique, juste les gémissements de cette femme qui lutte pour respirer. La scène dure plusieurs minutes interminables. Jusqu’à ce qu’elle meure et qu’Emma lui ferme les yeux.

Voilà. Bienvenue dans Mes morts tristes!

La série est adaptée de plusieurs nouvelles de Mariana Enriquez, une écrivaine argentine connue pour ses récits d’horreur mêlant surnaturel, violence et critique sociale.

Après le décès de sa mère, Emma s’installe dans la maison familiale, où elle accueille sa sœur, son beau-frère et leur fille Julie, venus des États-Unis.
Julie a 18 ans. Elle est très silencieuse, un peu étrange, et insiste pour avoir sa propre chambre. Quand la nuit tombe, on comprend pourquoi.
Elle y retrouve ses amis, qui sont en réalité des fantômes. Et disons que leurs relations sont plutôt… intimes.
Julie couche avec plusieurs d’entre eux. On la voit nue, on entend ses cris de jouissance. C’est très cru, très dérangeant. Personnellement, j’étais hyper mal à l’aise devant mon écran.

Mais cette scène n’est pas là simplement pour choquer. Elle joue un rôle essentiel dans l’histoire de Julie, mais aussi dans celle des habitants du quartier de Piedrabuena, à Buenos Aires.

Progressivement, les habitants commencent eux aussi à entendre les morts, sans pouvoir les voir.

Ce qui était au départ une histoire de famille prend alors une tout autre ampleur. Les morts s’imposent dans le quotidien des vivants et, petit à petit, la situation devient très compliquée.

Emma tente alors d’apaiser les âmes les plus tourmentées.

Elle intervient par exemple chez une famille terrorisée par les hurlements d’un fantôme : un cambrioleur mort empalé sur le grillage de leur maison.
Pendant qu’Emma essaie de comprendre ce qui lui est arrivé, on revoit sa mort en boucle.
On apprend que le père de famille l’a laissé agoniser sans appeler les secours. Ce n’est qu’une fois la vérité avouée que les hurlements cessent.

Mais au-delà de toutes ces apparitions, il y a quand même une intrigue. Julie disparaît soudainement et toute la famille se met à sa recherche.
On comprend aussi pourquoi les habitants entendent les morts et pourquoi ce phénomène est temporaire.

Mais il y a aussi l’évolution des relations familiales. Emma, longtemps incomprise, voire punie pour son don, devient soudainement celle vers qui tout le monde se tourne.
Sa propre fille, Caro, commence par la rejeter et lui hurler dessus. Mais progressivement, elle finit par accepter les capacités de sa mère, qui deviennent même un moyen de renouer le dialogue au sein de la famille. Il y a d’ailleurs une jolie scène où toute la famille est réunie autour d’une table, les vivants comme les morts, et où Emma fait l’intermédiaire entre les deux.

Et malgré toute cette horreur, la série finit par répondre à nos questions. Et ça, j’apprécie.

Visuellement, la série est aussi magnifique. L’architecture du quartier de Piedrabuena, les décors, la cinématographie, les couleurs… Il y a un côté très vintage, alors que l’histoire se déroule à notre époque.
Même le format de l’image est inhabituel, presque carré, comme à l’ancienne. Et ça colle parfaitement avec l’esthétique de la série.

Les acteurs jouent aussi extrêmement bien. Notamment Mercedes Morán, une actrice très connue en Argentine, qui incarne Emma. Elle joue avec beaucoup de retenue, presque de froideur. Et arrive pourtant à nous toucher.

Mais pour moi, la vraie révélation, c’est Carolina Sánchez Álvarez, qui joue Julie. Un rôle difficile, avec des scènes très crues où elle se met littéralement à nu. Et franchement, elle est impressionnante ! D’ailleurs, Netflix la présente comme une nouvelle venue dans cette production. Autant dire qu’elle ne passe pas inaperçue!

Derrière la caméra, on retrouve Pablo Larraín, un réalisateur chilien connu notamment pour Jackie, Spencer et Maria. Et son talent pour créer des ambiances très particulières se retrouve dans cette mini-série.

Malgrés toutes ses qualitées, je ne recommande pas la série. Je ne la regarderai plus jamais et, franchement, je ne la conseillerais pas non plus à mes amies.

Mais il faut rendre à César ce qui appartient à César: cette série m’a profondément marquée. Certaines images me restent en tête et je continue d’y repenser.

Et finalement, quand une série réussit à provoquer une réaction aussi forte, c’est qu’elle a réussi quelque chose.

Ce n’était pas forcément ce que j’avais envie de voir… mais je ne risque pas de l’oublier!

–
Chronique : Sylvia
Animation : Lionel
Réalisation : Théo
Première diffusion antenne : 5 octobre 2026
Crédits photos : Netflix
Publié le 7 octobre

Un contenu à retrouver également sur l'application PlayPodcast

Une publication de Sylvia


Envie de soutenir un média gratuit,
indépendant et local ?

Rejoins Vostok+


Commentaires

Pas encore de commentaire pour cet article.

Commenter




play_arrow thumb_up thumb_down
hd