Zebralab: 30 ans d’argentique
Né dans un squat genevois en 1996, le laboratoire d’expérimentation cinématographique et photographique Zebralab fête ses 30 ans aujourd’hui. L’occasion d’inviter le public à découvrir les créations de ses membres, mais aussi à s’initier à la pratique de l’argentique, une technique analogique qui séduit à nouveau les amateurs et professionnels.
«C’est plus facile de filmer avec son téléphone, c’est plus rapide. En moins de 15 secondes c’est sur Instagram. Alors que là [avec l’argentique], il faut des heures de travail.», déclare Didier Perret, président de l’association Zebralab. Il est vrai qu’avec le développement du numérique, l’argentique est tombé en désuétude. Le temps de production plus long, les coûts et l’accessibilité du matériel ou la complexité de la technique sont autant de facteurs qui découragent les amateurs aujourd’hui. Si Didier Perret tempère en affirmant que le matériel –à l’exception des pellicules et des produits chimiques– est abordable, le pouvoir de séduction de l’argentique est ailleurs.
Un art tactile
«Il y a cette nécessité d’aller vers quelque chose fait avec les mains. Contrairement aux images complètement immatérielles faites avec les téléphones, je crois que c’est la relation avec la matérialité qui intéresse.», analyse Laura Gabay, réalisatrice et membre de l’association Zebralab. Le but est de renouer avec le matériel, les manipulations, les gestes et, dans le cas de la production argentique, la chimie. Cela implique un autre rapport au temps, celui de production d’une part et, d’autre part, celui de l’apprentissage et de l’approfondissement de la technique. «C’est difficile de se donner le temps. Il y a peu de personnes qui continuent après un stage ou un atelier, par exemple. C’est vrai que ça peut être décourageant.», déplore Laura Gabay.
Piquer la curiosité
Pour son anniversaire, l’association Zebralab organise une exposition, des tables-rondes, des projections pour petits et grands pour mettre en avant les productions de ses membres et celles des membres du Labo Argent de Marseille. Elle espère ainsi piquer la curiosité du public et l’encourager à explorer le potentiel de l’argentique. «On va d’abord initier les plus jeunes au cinéma argentique en leur montrant une pellicule de 16mm, en leur montrant toutes les images. Ensuite, on passe aux films.», explique Didier Perret. Pour compléter l’expérience, les projections sont accompagnées par le musicien Eloi Calame.
Lors des tables-rondes, les intéressés peuvent dialoguer avec les réalisateurs et réalisatrices autour de la pratique de l’argentique. Si l’étincelle de la curiosité se transforme en flamme de la passion, il sera toujours temps de rejoindre Zebralab.
Invité-e-s: Didier Perret, président de l’association Zebralab, et Laura Gabay, co-secrétaire de l’association et réalisatrice
Interview: Lionel
Crédits images: Laura Gabay et Radio Vostok
Rédaction web: Jonathan
Mise en ligne: Jonathan
Première diffusion le 21/09/2026
Publié le 25/09/2026
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