Eckhart embrase l’électro-punk avec He’s Dancing
Le trio suisse Eckhart revient avec un nouvel album au titre aussi étrange qu’évocateur : He’s Dancing, He Says He Will Never Die. Et autant le dire tout de suite : ici, pas de piano mélancolique ni de pop dépressive sous Xanax. Eckhart préfère l’impact frontal, les rythmes sous tension et les textures électroniques abrasives.
Fondé en 2023 à Vevey par John Silvestre, le projet prend une nouvelle ampleur en 2024 avec l’arrivée de Laurent Glur à la batterie et Olivia Madhuri au chant. Le groupe qualifie lui-même sa musique de “trash mystique”, une formule finalement assez juste pour décrire cet alliage de techno rageuse, d’électro industrielle, de post-rock, de breakcore et de trip-hop.
Après Far From God, paru en 2024 sur Blizzard Audio Club, puis un deuxième LP instrumental, Eckhart revient avec un disque massif de dix morceaux. Un album dense, généreux et parfois volontairement excessif, qui demande plusieurs écoutes pour en saisir toutes les nuances.
Les textes abordent la société de consommation, la quête de sens ou encore l’aliénation par le divertissement, pendant que la musique alterne entre montée de tension permanente et explosions cathartiques. L’ensemble évoque parfois Death Grips, The Chemical Brothers, Daughters ou Psychic TV.
La voix d’Olivia Madhuri se mélange parfaitement aux samples et aux nappes électroniques qui structurent chaque morceau. L’album dégage aussi une énergie très années 2000, quelque part entre l’esthétique post-Matrix et la collision entre électro et rock énervé qui marquait cette époque.
Mais la vraie arme de destruction massive du disque reste probablement la batterie de Laurent Glur. L’intensité ne redescend quasiment jamais pendant 45 minutes. Blast beats, breaks ultra rapides et rythmiques sous tension permanente donnent parfois l’impression d’assister à une démonstration de force continue.
Cette surenchère peut d’ailleurs devenir épuisante selon le moment de l’écoute. Mais c’est aussi ce qui donne au disque son identité profondément punk et sans concessions.
Découvert récemment grâce à une proposition d’Emma pour la chronique musique, Eckhart s’est imposé immédiatement comme une énorme claque sonore. Encore une preuve que la scène suisse continue de produire des projets particulièrement ambitieux et singuliers.
Le groupe sera en concert le 30 mai à Paris avant d’annoncer d’autres dates prochainement.
Eckhart : He’s dancing he says he will never die
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Chronique : Adrien
Animation : Lola
Réalisation : Léonard
Première diffusion antenne : 13 mai 2026
Crédit pochette : Aladin Commend
Publié le 14 mai 2026
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