menu Home search
ÉcransLa QuotidienneSéries

Steven Spielberg et les dinosaures, une histoire sans fin

Judith | 5 avril 2026

Une époque où le principal problème des habitants de la Terre, ce n’était pas la montée du fascisme, mais réussir à passer la nuit et guetter l’arrivée du prochain astéroïde qui détruira leur existence.

Quand j’étais jeune, avant d’être fan de Tokio Hotel, j’étais obsédée par les dinosaures. J’ai dû visionner cent fois mes cassettes sur lesquelles étaient enregistrées la série documentaire de la BBC Sur la terre des dinosaures. Sortie en 1999, elle avait bercé notre enfance de petits millenials.
Vous imaginez ma joie lorsque j’ai découvert que Steven Spielberg produisait une nouvelle mini-série de quatre épisodes, sobrement intitulée Les Dinosaures, qui retrace le plus long règne de l’histoire.

Vous l’avez peut-être reconnue, la fameuse voix charismatique de Dieu dans le film Bruce tout-puissant. Morgan Freeman nous embarque dans cet univers fascinant de façon à la fois dramatique et poétique. On reste suspendu à ses mots, qui nous font traverser près de 170 millions d’années d’histoire de la Terre, durant tout le Mésozoïque. Car c’est à peu près le temps qu’ont duré les dinosaures, donc avec nos pauvre petits 300’000 ans d’existence, nous, pauvres Homos sapiens, on peut bien aller se recoucher.

Au début du récit, un seul continent, la Pangée, est dominé par les reptiles. Les dinosaures apparaissent au Trias, prospèrent au Jurassique, leur âge d’or, avant de disparaître à la fin du Crétacé. Entièrement réalisée en images de synthèse, le projet tient ses promesses et impressionne par son ampleur visuelle. La reconstitution des différentes espèces de dinosaures comme celle des paysages frappe par sa précision. De nombreux plans spectaculaires s’attardent sur des éruptions volcaniques, des cascades vertigineuses ou encore des secousses sismiques.

La série adopte une approche assez classique du documentaire animalier, comme ceux qu’on peut trouver sur la chaîne Animaux. On suit des récits de vie précis pour montrer les grandes étapes de cette longue évolution: le combat entre deux mâles alpha, la migration d’un troupeau d’herbivores vers le sud ou encore le long périple d’une mère pour amener une carcasse à ses petits.

Car pas facile d’être un dinosaure. Tu as beau dominer la chaîne alimentaire pendant des millions d’années, il suffit que le ptérosaure évolue plus vite que toi et fasse de toi son casse-croûte de l’après-midi en t’attrapant en vol. Et encore, ça c’est sans compter les bouleversements climatiques qui peuvent potentiellement séparer ton continent en deux et te faire tomber dans le cratère.

En revanche, cette mise en scène très hollywoodienne, volontairement épique et dramatique, finit par entamer la crédibilité du propos. La série multiplie les effets attendus pour maintenir la tension, avec des formules redondantes. Pas vraiment nécessaire puisqu’on connaît déjà l’issue. Ils meurent tous, donc pas besoin de marteler un suspense compromis depuis 66 millions d’années.

Et puis il y a quelques petites libertés discutables. Je sais qu’on ne peut pas connaître avec exactitude la couleur de leurs iris, mais représenter le Yutyrannus – l’ancêtre polaire du tyrannosaure – avec le même œil bleu glacé que le marcheur blanc de Game of Thrones… C’est un peu exagéré.

Malgré mes quelques réserves, J’ai même décidé de vous proposer le top trois de mes dinosaures préférés:

3. Le Longipteryx. C’est une sorte de Martin-pêcheur punk avec une crête sur la tête et des petites dents agressives au bout du bec. Franchement je veux que ce soit mon animal de compagnie.
2. L’Ankylosaure. Déjà parce qu’il a des pics très cools sur le corps. Mais surtout parce que sa passion est le chant. Un dinosaure qui chante, ai-je vraiment besoin de plus d’arguments?
1. Les sauropodes. Toute la bande de ces géants herbivores. D’abord parce qu’ils ont l’air sympas avec leur long cou et leur petite tête, et ensuite parce qu’ils ont écrasé la concurrence en survivant particulièrement longtemps… et ça, avec un cerveau de la taille d’une pomme.
Faut-il être un peu bête pour durer? Ça expliquerait pas mal de choses sur la situation géopolitique actuelle.

Rappelons par ailleurs que cette série arrive dans un contexte particulier aux États-Unis. Celui d’un gouvernement remettant en cause la théorie de l’évolution. Car oui, évolution il y a eu. Nous sommes il y a 66 millions d’années et tous les dinosaures succombent à l’astéroïde qui s’abat sur Terre. Tous? Non! Car une espèce d’irréductibles a résisté encore et toujours. Il s’agit des oiseaux. Ces créatures que l’on croise tous les jours sont les derniers vestiges d’un monde disparu. Je vous garantis une chose: après avoir visionné cette mini-série, vous aurez juste envie d’aller dans la nature et de protéger tout ce qui reste de ces vestiges passés. Même les pigeons.


Chronique : Judith
Animation : Lionel
Réalisation : Noé
Première diffusion antenne : 24 mars 2026
Crédits photos : Netflix
Publié le 5 avril 2026

Un contenu à retrouver également sur l'application PlayPodcast

Une publication de Judith


Envie de soutenir un média gratuit,
indépendant et local ?

Rejoins Vostok+


Commentaires

Pas encore de commentaire pour cet article.

Commenter




play_arrow thumb_up thumb_down
hd