Secret Love : Dry Cleaning, entre classe et monotonie
Aujourd’hui, direction Londres pour parler des Anglais de Secret Love et de leur nouvel album Dry Cleaning.
C’est un disque qui a beaucoup fait parler de lui. Plusieurs membres de l’équipe de Radio Vostok l’avaient repéré, et Secret Love a bénéficié d’une solide couverture médiatique, avec plusieurs articles dans la presse spécialisée, mais aussi un dans Le Monde. Une forme d’unanimité semble donc s’être construite autour de cette sortie.
À l’écoute, pourtant, le sentiment est plus nuancé. D’un côté, j’ai parfois l’impression que l’album a été un peu surcoté. De l’autre, je dois reconnaître que, comme beaucoup, je me suis laissé séduire.
Préparez votre plus beau porte-cigarette et votre meilleur whisky : Dry Cleaning nous plonge dans l’univers de la chanteuse Florence Shaw, dont la voix calme et nonchalante décrit le monde avec amertume et une pointe de cynisme. Sur le papier, le concept peut sembler étrange, mais il fonctionne indéniablement.
La formule est simple : des instrumentations post-rock, parfois très punk, voire hardcore — oui, hardcore — mais dans une approche proche de groupes comme Converge ou Coilguns lorsqu’ils explorent des territoires plus calmes, planants et sombres. La voix de Florence Shaw, presque détachée, semble tout droit sortie d’un polar réalisé par David Lynch.
La guitare, aux arpèges hypnotiques noyés dans la réverbération et les delays, construit de larges nappes tout en envoyant des riffs typiques du rock anglais à la The Strokes. Le tout est porté par une batterie sans limites ni frontières. Le chant paraît souvent déconnecté des ambiances musicales qu’il accompagne, tout en continuant de suivre le mouvement. Cela donne un côté chic, indéniablement, mais peut aussi créer une certaine monotonie.
Ce décalage fait partie du charme de l’album. Pourtant, je ne peux m’empêcher d’y percevoir une forme de facilité, voire de redondance, dans cette voix qui reste impassible sur l’ensemble des morceaux. J’ai du mal à adhérer pleinement à ce parti pris, sans pour autant le rejeter.
À mes yeux, le véritable génie de Dry Cleaning se situe davantage dans ses instrumentations. Elles offrent un mélange efficace de nombreux gimmicks que l’on retrouve dans le rock actuel au sens large. Les inspirations sont solides, bien assimilées, et ce qui pourrait mener à l’ennui propose finalement suffisamment de contrastes pour éviter toute lassitude.
À noter également que les titres de l’album ont été enregistrés dans plusieurs studios différents, un détail que les plus audiophiles d’entre vous remarqueront. Cette hétérogénéité contribue à la variété de l’identité sonore des morceaux.
Alors, Secret Love : surcoté ou pas ? Ennuyant ou non ? Seul le temps le dira. Bien qu’inscrit dans une forme d’avant-garde du rock, je ne suis pas certain que cela suffira à en faire un album durablement marquant. Malgré une qualité de création séduisante, le projet pourrait avoir du mal à ne pas s’essouffler et ne me paraît pas particulièrement porteur d’inspiration.
Cela reste malgré tout une sortie incontournable de cet hiver. La formule fonctionne, indéniablement, grâce au savoir-faire des musiciens qui la mettent en œuvre. Et rien que pour cela, Dry Cleaning mérite qu’on s’y attarde, avec le titre Blood de Secret Love.
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Chronique : Adrien
Animation : Lionel
Réalisation : Antoine
Première diffusion antenne : lundi 26 janvier 2026
Publié le 1 février 2026
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